25/07/2014
Exode
Exode
cette fois l’aube ne conjurait plus
aucun seuil
ni l’achoppement du dehors
il dégouttait des brumes des perles assourdies
de silence
fluide languissant
parfois tonnait le vent
et le monde tournait si lentement
si doucement
si ombrageusement sévère
dans sa robe de printemps regretté
que l’on se prenait à revivre les neiges
fines et bleutées d’allégresse
délicatement imperturbablement
désirées
aux matins
venus pour nous ravir
souvent défiées
par des pas boueux
que les soldats laissaient
comme signatures
aux marges de flaques écarlates
quelques soupirs encore
viciaient l’air
des derniers arrivants
des mannes de vieilles fripes
mouillées
si long au bout du bras
si lourd
l’ombre les précédait toujours
et le sang, figé, ne battait plus
qu’un rythme assourdi
de tambours écorchés
et parfois,
l’un
fragile ultimement
la peau craquant sous le sel de la peur
déclamait en dedans
les mots de l’agonie
gravé sur leur échine
l’équerre des maisons
tranchées sur le lait du ciel
leur patience éclatante,
d’orantes abandonnées
14:46 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exode, guerre, poésie, florence noël |
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24/07/2014
Frontière : le mur

la nuit aux ongles
j’étale
ce grand rectangle noir
où des chandelles inclinent
leur long fils de soie
Bée
l’ombre édentée
imprime dans
ce mur
la vigilance
de mon dépit
Or
j’attends que vienne la mort
d’une mémoire lasse
la recueillir
dans le pli de mon bras
qui a bercé d’autres cauchemars
Songes
il faudra beaucoup de mensonges
oui,
pour émousser ce mur tranchant
qu’ils hisseront dans mon jardin
les pierres y
Dansent
on a tellement charmé la chance
ici
que l’herbe est sèche sous les pieds
on ne joue plus sous les fontaines
qu’armés.
21:39 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frontière, guerre, mur, florence noël |
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23/07/2014
la guerre hantait nos premières paroles

Quel que soit le voyage
on emportait avec nous la voussure du ciel
et les eaux du dessous
cosmos échoué
dans un dessin d’enfant
l’arche d’alliance se déclinait
par l’inflexion d’un détail
sur la bouche épuisée
d’incompréhension
nos mains innovaient le vide
où se jetaient tous les ruts hennissants
nos ventres disparaissaient dans le serrement
d’une justice affamée
nous déglutissions la peur avec la foi
je le savais désormais
il serait imprudent de croire seuls en l’autre rive de Dieu
en cette étendue de plaisir
puis à tous ces anges rassasiés
face à la mémoire des pauvres
solidifiée d’un poing
contre leur bouche
la guerre hantait nos premières paroles
et à son approche
les seuils de nos maisons balbutiaient
dans des langues fourbues assoiffées
délestaient leur gorge des déserts
et l’attente
foisonnait dans leur pas
nous échangions des nuits
sonnantes et trébuchantes
pour de maigres boissons
bues dans des syllabes ouvertes résineuses
un peu croquantes comme ce sel
sous nos pieds
et leurs rides en captaient les ondes
et l’âge du monde n’importait plus
alors l’espérance
changeait d’heure
et de maison
16:00 Publié dans droits humains, foi de l'homme, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, guerre, florence noël |
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