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05/10/2015

les gens

les gens sont bons dans leurs mines
de perdus ils plantent
trois paroles, deux mains
sur votre bras le temps
d'un cri qui crisse à peine
le temps d'un mort révoqué
d'une semi cascade de rire
le temps de ne pas vous
alourdir bien sûr le temps
de glisser dans votre coeur
une perle des profondeurs

et vous repartez étrangement
malade de leur regard
sans prénom

 

 

11:08 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, florence noël |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

10/09/2014

Publications de septembre

Quelques nouvelles nuits à lire sur le site de la revue Ce Qui Reste qui me fait l'honneur de m'inviter en ses pages :

 

 

(...) "pourvu que jamais l’on n’abîme la profondeur
des nuits
leur isolement de grenat
le chaud du sang dans l’herbe grise
c’est prophétie des lunes
dégluties
qui ruminent
il faudrait de l’espérance, un peu
viens donc matin noir parmi
les vapeurs d’or les désirs
de mourir né d’un sang fiévreux(...)"

 

Mais aussi un dossier monté par Alain Cotten dans le numéro 7 de sa revue en ligne Zinzoline, qui part sur mes traces, avec des extraits de certains de mes textes.

 

 

17/08/2014

Car il y a toujours une flaque, la nuit

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You know how to whistle, don’t you ? (Photo de Danièle Colin)

 

Johannes venait à la nuit, avec cet air de surprise rentrée qu’il couvait en permanence. La nuit le vêtait toujours merveilleusement car il était inapte à tout sentiment coupable. Jusqu’à présent, en effet. Jusqu’à présent. Johannes était un enfant très sage, depuis longtemps, et même devenu adulte, il se vivait toujours ainsi.

 

La nuit se serrait sur lui, enlaçait ses épaules, dès le sortir des maisons, à peine le seuil franchi. Une pelisse ronflante, comme un chat d’ornement.

 

Marche et la vie t’entoure d’attente et de respect, cours et tous les enfers te houspillent, des pieds jusqu’aux rêves. Marche et les feux domestiques braisent en silence, les seuils reluisent d’appels humides. Marche et contemple. Car il y a toujours une flaque, la nuit. Même sans suées du ciel, la flaque est là, dans ce creuset d’asphalte. Elle n’attend ni n’affirme rien. Elle est le sort jeté aux certitudes. L’eau sourde ensoleillée de lames vives. Cinglants surgissements de phares, astres écarquillés, reflets d’intérieurs vivants. Elle n’interroge pas, pourtant tes sens l’interrogent, à chaque passage. Même sans regret, même inapte aux questions, Johannes. Elle réfléchit, tu passes, et quelque chose se brouille tandis qu’elle continue son cinéma minuscule, sous le léger trouble imprimé par tes pas tantôt proches.

 

Johannes venait au petit jour toujours par le biais de la nuit. Il n’avait jamais été surpris par sa survenue. Jamais d’aubes ignorées.

 

Tu procèdes par quartier, sinues entre les sons que renvoient les façades, caresses le pavé, détoures une feuille veillant à l'immobilité de ton élan. Cette heure inaperçue, cette heure couloir, tu la traverses. D'une pesée de vie, d'une semée de pluie, d'une hésitation d'homme mourant de joie sous les regards des arbres. Bercer le moment, jusqu'à l'évaporation des miroirs. Te faudra-t-il poser la paume, rafraichir tes joues ensuite de la livrée des aubes, la nuit coagule son sang aux ourles du levant. Déjà, un rendez-vous d'oiseaux déchiquette le silence.