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23/02/2010

Hors cadre

 

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photographie F. Noël

 

 

Hier, une femme, avant-hier, un homme, le jour encore avant, une très jeune fille les lèvres au gloss rouge incarnat –plus personne n’utilise cette couleur-là sauf les putes, et elle parce que son mec, 15 ans à peine, l’aime comme un mac puis tu dois me le prouver poupée, si tu prétends que tu tiens à moi - le jour avant un garçonnet avec sa petite voiture.
Le néon flashe à la nausée, il tressaille et ces petits bruits crus agacent les dents et le tendon de mon cou, à droite.
Hier une femme, à peine plus jolie que ma femme. Mais elle m’émouvait, plus encore que la gamine en perdition dans son amour de lycée, travestie en cocotte.
La porte, ses gonds de fer, sa peinture vert écaillée – troisième sous-sol étage des nénuphars, les parkings hébergent des voitures avec des sollicitudes de nom de seigneuries- juste au-dessous des bruyères (rose) et au-dessus de rien. Rien ou tout comme. Un vide ventilé sans jamais de lumière et cette odeur acre de la terre humide et stérile, d’argile froide sur air tiède perpétuel.

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10:33 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : parking, nouvelle, observateur, abandon |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

22/02/2010

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 6 : Largo)

Sixième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :
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Sixième mouvement : Largo



viendra l’heure de t’ouvrir ce jardin, il nous ouvrira, tendus le regard extasié, mydriase puis délice, l’heure où nous jardinerons le corps mat des sentes, les méandres surtout, les appuis pour les boues renouées
viendra l’offrande à l’ouverture, contre la déliquescence apprêtée des ténèbres, l’adieu cendreux des orées et ce mystérieux mystère des houilles blanchies de roses ou de leur fantôme de rosée
viendra le voile tiré sur l’ecchymose d’une nuit – la première – le ventre né du grand azur, l’aube dit-on et son cortège d’oiseaux crachés sur les visages, viendra l’heure

où tu t’évaseras,
où mon écueil dans ton accueil,
où l’ample bras
lavera toutes mes saisons d’énigmes
où muserons les ramées
écorces nues au matin
d’un fût tremblé

souffle vierge et vaste il nous fendra, bogues abouchées, brossés de brous, d’une seule étreinte,
si révélant, à la ravaude, d’embruns brasiers filtrant l’ébriété nouvelle des branches
et revenus nous étrennerons nos neuves mains sur nos aplats de muscles puis sur ces épaules dévastées d’ailes

si pâles sous l’or
une feuille pour langue
une branche pour membre
un ébrouement pour qu’y
surgisse le feu tremblé

21/02/2010

Quel est le poids de l'ombre

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"Tombée des nues" Photographie, Pierre Gaudu

 

 

pas un doigt d’arbre que la neige
n’épuise
viatique d’un désert
où l’immobilité rumine

quel est le poids de l’ombre
à qui meurt et comment
dire la rage lente des feuilles
pour déchirer leur pulpe?

un pinson fore l’heure blanche
et noire des photos
qu’on prend fouillant l’haleine
les lèvres à même la vitre

rousse
la volute quand s’envole
l’oiseau brusque du
mystère :
le mouvement qu’il dévide
étire la béance
entre l’œil et le cœur

 

13:31 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : florence noël, neige, poésie, littérature, ombre |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |