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28/09/2009

douze carrés blancs (2)

 

 

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Monastère de Sumela en Turquie

Photo de "Sur les ailes du monde" 

 

 

on l'imagine tiède
dépris par érosion,
un vent sans méchanceté
un vent sans émotion

on voit l'image très lente
de ce désert d'altitude
à peine effleuré d'un mouvement qui
se pose
puis s'en va
l'écran scintille
son soleil de pixels
en superposition d'éclats plus purs
les murs immaculés

ils ne disent pas
-la voix off ne dit pas –
s'ils les repeignent
souvent ou
si la lumière sans filtre
s'en charge
sœur lumière

*

tout est de toujours
ces hommes aussi
l'un – c'est tentant
d'y croire –
remplace un autre
les semelles changent
les dépouilles de rites
servent de vêt au nouveau
noviciat d'une rythmique
encerclée d'indéfaisable.

10:29 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : douze carrés blancs, désert, moines, poésies, littérature |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

23/09/2009

douze carrés blancs



a plein vent
en arrière des ombres ou projetées au-delà
ces cabanes, peut-être
douze carrés blancs,
des cellules sans gangue, sans habillage
justifiant une montagne
son chemin de roc et d'aplat
qu'ils durent escalader pour s'amenuiser
se rendre là
huttes de pisé blanc
huttes d'or revenu d'une latence
pour la contemplation avide
simples pièces chacune dans la quadrature d'un mur
pour des hommes couchant avec le désir
comme seul ameublement

*

ce n'est pas le silence
ce roulement du puits
qui décoche son grincement
ni cette porte
qui martèle l'instant
aux gonds soufflés d'allant en retrait
son battant décharné
les échardes hérissant le bois
usé
précieux donc
le bois d’un temps
de luthier

*
ce n'est pas le silence
ni cette psalmodie
a la limite fine d'un bourdon
ni ses harmoniques surgies malgré
l'absence de langue
ou sa scellée
d'un vœu de mutisme
qu'une bouche fit


*

et est-ce le silence
cette craquelure de peaux
l'assèchement du vide,
désœuvrement du dire
entre les deux pleines
margelles de la parole
émiettée au soleil de sable
qui tombe dru
chasseur de heurts, de palabres
de fracas
assourdissant désert
qui suivi le déglutissement

*

Le visage du temps qui passe - Face of time
triant son indigo,
du clair beige
lessive assurée dans le coton des nuages
très haut filant
le ciel

il n'est pas de silence si haut qu'on
y aspire
ce n'est pas un bruissement
juste son dessin de volutes
sur toile bleu
âme

*

et si ce n’est le silence
cette rapure de pierre que révèle
leur sandale cuir de grisaille
sa béance sur un pied
presque nu
car presque guéri
d’avoir fui
d’avoir renié
d’avoir chu
trois fois sous la branche de son arbre
fui
trois fois sous la flagelle de son corps
renié
trois fois sous la faîtière de son Nom
chu
si ce n’est le silence
alors

*

alors qu’est-ce ?
ici ou sur Thabor
face à Face
ce rugissement des eaux
retirées
qu’est-ce ?
cette empreinte d’un cri
dans leur poitrine
ancrée
qu’est-ce ?
mais je vois l’un d’eux qui sonne
sonne la cloche
et la lumière de l’aube
enfin est soutirée
de la ténèbre
enfin

*

sans battant
la cloche sonne
ce n’est pas un silence non
c’est plus dense
leurs mains se rapprochent
et solitaire chacun
allume une prière
dans un craquement de paumes


*

(...)

[texte en cours d'élaboration - sur des souvenirs prégant d'un reportage sur des cénobites vivants sur une montagne brulée de soleil, des vies spirituelles individuelles mais proches]

23:47 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : montagne, cénobites, prières, silence |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

12/09/2009

L'eau d'arquebusade et vulnéraires

En hommage au magnifique blog d'Eric Poindron dans lequel je pourrais passer des heures heureuses à errer de curiosités en curiosités, voici une petite vue curieuse issue de mon dernier périple en terre de Gaume.

La porte de l'âme

Les moines d'Orval, de l'ancienne abbaye, celle qui était encore sur pied avant le 19ème siècle, cultivaient les simples et quelques autres herbes qu'ils aimaient préparer pour guérir les leurs mais aussi tout le voisinage. Parmi ces délectables remèdes, fioles d'onguent ou autres philtre on trouvait un élixir particulier :

L'eau d'Arquebusade et vulnéraire d'Orval.

Je vous laisse savourer la description de ce remède quasi universel, bon pour le dedans autant que le dehors et qui aurait pu désarmer toute crainte de grippe mexicaine dans le chef des bons moines et de leurs clients.

 Vertus de l'eau d'arquebusade et vulnéraire

L'ancienne pharmacie, ses pots et ses pilons, ses alambics vaut aussi le coup d'oeil nostalgique, quel bonheur de pénétrer dans ces antichambres de la santé, avec les sens déjà tout convaincus par le décorum imposant et le savoir ancyclopédique autant qu'empirique des hommes de bure....

 Remèdes ancestraux

 Mais qui aujourd'hui, aurait encore la science et le courage de préparer une potion selon cette recette :

Vous prendrez quatre poignées de Consoude, feuilles, fleurs, & même racine.

Quatre poignées d'Armoise.

Quatre poignées de Bugle.

Quatre poignées de Sauge.

Deux poignées de feuilles de Bétoine.

Deux poignées de grande Marguerite, ou oeil de Boeuf.

Deux poignées de Sanicle.

Deux poignées de grande Scrophulaire.

Deux poignées de Paquerette ou petite Marguerite.

Deux poignées d'Aigremoine.

Deux poignées de Plantain.

Deux poignées de Verveine.

Deux poignées de Fenouil.

Deux poignées d'Absynthe.

Une poignée de Véronique.

Une poignée d'Orpin.

Une poignée de Mille-pertuis.

Une poignée d'Aristoloche longue.

Une poignée de petite Centaurée.

Une poignée de Mille-feuille.

Une poignée de Menthe.

Une poignée de Nicotiane.

Une poignée de Piloselle.

Une poignée d'Hyssope.

Quand vous aurez toutes ces plantes, qu'il faut, s'il se peut, cueillir en temps chaud & sec, au commencement de Juillet ou sur la fin de Juin, & même en Juillét tout entier, temps où ces plantes ont toutes leurs vertus , vous les hacherez bien menu & les pilerez ; & cela fait, vous les mettrez infuser dans un grand pôt de terre avec douze pintes de bon yin blanc, & six pintes d'eau-de-vie, & les mettrez en digestion dans un tas de fumier bien chaud ou sur un four, l'espace environ de trois jours ; & au bout de ce temps vous les mettrez dans un grand Alambic ordinaire au ??réfrétoire?? , & les distillerez à feu nud sur un feu ordinaire, pour tirer de cette quantité d'esprits environ le quart des esprits du vin blanc, & la moitié de ceux de l'eau-de-vie, qui vous donneront environ entre six à sept pintes ; mais n'en distillez pas davantage, si vous voulez qu'elle soit bonne & point phlegmatique ; car il faut bien prendre garde de ne point tirer de phlegme.

Nota. Il faut bien boucher le pot de terre où vous aurez mis la digestion, & même le luterez bien exactement, de peur que les esprits ne se dissipent.

 

Comme quoi, la poésie commence à ras de terre, là d'où tous nous venons....

 

15:27 Publié dans cabinet de curiosité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gaume, orval, curiosités, eric poindron |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |