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09/12/2007

Elle raconte...

"Pour chaque sortie en librairie de la semaine, je lui ramène une photocopie de la page de garde. Les soirs, je parcours au ralenti les ruelles qui me relient à mon appartement. Elles se donnent à pas comptés – j’adore mesurer en pas ce qui me rapproche d’un nouveau plaisir. Je fabule sur ce que nous ferons, le temps venu, de tant de titres, d’auteurs, de mots faits promesses.

On ne se voit que du samedi 11H45 au dimanche 23H30 – le dernier tram - deux dîners, 2 soupers et un petit déjeuner goulûment grasse matinée.

On se goûte le petit pain de bouche à bouche. Puis on se tait. On revit dans la distraction de l’autre, dans la rapide oscillation des paupières, tous ces chemins d’épiderme explorés, poignés, polis, abouchés et reflués, toutes ces esquisses d’histoires continuées par nos corps, reliées par nos mains et rattachées à chacune des pages qui jonchent, tout autour du divan, le tapis autrefois Persan

Tandis que s’ensommeille notre empreinte au creux de trois coussins alanguis, je m’en vais au ralenti. pourtant, chaque fois, je reprends une des pages, discrètement - ma préférée - celle qui suggère le moment le plus exquis, la rixe la plus fondante.

Il aura cinq jours pour découvrir laquelle, par le seul indice du petit carré de manque refroidissant le tapis."

18:50 Publié dans Roles et rituels | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : poésie tout simplement, poésie, prose |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |