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13/06/2007

spectre d'une réunion annoncée

on comprend qu’il a mal
parce qu’il fait peu de bruit avec sa bouche
et que ses gestes
si minuscules malgré ses doigts sans amarres
n’ont que des cercles à donner
en pâture aux questions

on comprend qu’il retienne
toute l’attention sur cette miette
alourdissant la table de sa présence
inerte
il ne la chasse pas d’un revers de main
ni d’un souffle distrait
ni même d’un soupir caverneux
parce que sans la miette
il devrait relever ce regard vers le nôtre
et s’affronter

on comprend qu’il dise des mots
qui sont des paravents pour les angoisses
surtout les nôtres
il ne sait pas quoi faire de nos gentillesses
nos convenances, nos empêtrements de formules et
de souhaits compassés
et ne veut pas nous sauver de nos naufrages
nos noyades, c’est un peu de colère qui vient distraire
l’invivable

hier ton fils s’est craché en moto
il ne marchera plus
il était pour moi comme un dessin sans bord
formé par des éclaboussures d’allusions
et aujourd'hui ta peine imaginée
-si c’était les miennes…-
d’être ce parent d’un fils en souffrance
et d’un fils bientôt
à roulettes

hier, je me réjouissais de te partager mes cerises
aujourd’hui, la passoire vide penche
dérisoire,
vers l’évier nettoyé.

10:56 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : poésie, littérature |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |