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17/09/2006

En soulevant le jeu de l'Oie

qu’on écrive sur les morts
un berceau d’haleine bleue
et qu’on avance d’une case encore
sans plus de vie qu’une lumière bercée
malgré le jour venu

que brûle de giron en giron
le feu des manques
et l’arrachement des creux
que ne donnerais-je m’a dit l’ange
pour le désir insouciant
d’une femme avant d’être femme
c’est pour cela qu’on avance,
une case encore
encore une case

qu’on mange à même la pierre blanche
veinée de cendres
des tartines, une pomme
a ce moment fidèle où
chaque année
ce soleil vient s’assoir sur ce banc
où tu me rencontreras
et une case encore
une case encore
nous avançons

c’est ainsi que nos rêves nouent les joies
que l’on pousse indemnes
ou presque
le portique l’âme coîte
que les pluies signent
la rouille d’une tendresse
que seule l’attente possède
pour que nous avancions encore
d’une case encore
d’une case

15:14 Publié dans Nulla dies sine linea. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie tout simplement |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

03/09/2006

d'enfance...

j’avais une ombre
dans l’aumonière
ou quintette d'osselets
un jeu je pense
et comme souvenance
carré de femmes pour y modeler leurs nuques
penchées sous l’eau d’amande

j’avais un puits et cent fleurs à jeter
dans un jardin humé puis étanché
comme pétale on ne dit rien des courses
lente de feu et d’écheveaux venteux
dénoué quand l’ennui s’épuise
dans l'allègre

j’avais un rire, un rien, une escarmouche
de poussière
l’œuf à peine éclos de la jouissance
entre mes Sambres et mes Meuses natales
ma ville aux deux rivières
sous les sabots des quatre cavaliers

j’avais à boire, souvent
des quenelles de résines
à sucer quand l’air manquait au venir
sous la torpeur muette
de l’attente

toi, tu jouais de fines pantomimes
des scénettes dont on suivait les fils
à t’aimer on rencontrait dédale
Icare sombrait pur et nu
dans l’eau savonneuse
d’un débarbouillage de joie

j’avais à tendre, comme on s’érige entier
j’avais à créer le milieu du désir
le souffle cuisiné longtemps
sous le menton d’aventures menues
comme la goutte qui goutte
et roule
la longueur d’un cou fléchi
par l’encens des soleils
écriés