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27/03/2006

La poésie en images

Il existe une artiste rare sur la Toile, une artiste qui est aussi une poète. Elle peint ou crée de simages comme elle écrit: foisonnement de sens, de couleur et de vie.

Allez découvrir laurence de Sainte Maréville sur son site, le Ruban à Visage :

On vous montrera la clé des temps :

medium_lacledestemps.jpg

 

 

 

 

De l'oméga à l'apha, les signes parleront  la langue du sens et de la beauté :

medium_littlehandsinbighands.jpg

 

 

 

 

 

Mais surtout vous comprendrez que le surréalisme, le symbolisme ne sont pas mort, qu'ils peuvent être femme, sensualité et vie :

medium_femmerose.jpg

 

 

 

 

Puis vous y lirez aussi, quelques textes, avant peut-être de vous abonner à feuillets mobiles, la liste de diffusion d'atelier d'écriture de silamot

Je ne résiste pas à vous confier la lecture attentive d'un de ses derniers textes:

 

- Terres gravides -




ça prenait jusqu'à l'intime
retourné de cascades
le ciel vautré dans nos yeux

ta main attrapait la mienne
se crispait
tressaillait
tu avais peur des terrasses inondées
des gués hallucinatoires
tu invectivais le monde immobile

nous avions soif
enfouis l'un dans l'autre en morsures d'amour
je nageais à ta bouche

sur mes pierres
le martèlement de tes pas
creusaient nos épaules au lit de la rivière
nous faisions front au froid dans l'ombre des silex
j'accueillais tes sursauts affolés
battant l'aube à la course
j'arrachais des gerbes d'extase guerroyant fêlures et failles
badigeonnais ton corps d'envolées
plus nues que le feulement d'un bourgeon

ça prenait jusqu'à l'intime
je portais nos sacs sur ma peau de mémoire
berçais nos odeurs mêlées d'eau et d'irisé
tu troussais soulevais ma poitrine
comme on enfourche la nuit qui rôde autour des paumes


écoute encore mon aimé
toi, l'oiseleur au delta des chemins

déleste-toi toujours et sans pitié des orbes noires
dépouille tue la bête aux dents de rasoir
sur le pouls confus des rotations
évase le moule
terre glaise d'entre les branches souples
ouvre les lèvres des partitions

forge dur
forge encore
le ciel sous la lucarne
l'or et le cobalt

salle des pas trouvés
la courbe des secrets

au bord du monde



Laurence de Sainte Maréville
09/03/2006


23/03/2006

Les laves de nos enfances

Il arrachait les peaux des lits
du sang perdus du rouge pour désaltérer
les cils et les feuillages des livres
tant d'yeux
qui charrient les laves de nos enfances
nos lectures d'anges
noyés sous les couvertures
avalant la lampe de poche
pour jouer à manger autant de lumière
que s'écoule de nuit



tu les relies
mains à mains, pieds à pieds
nombrils à nombrils
en lecture arrière
le vent au plexus
la prière aux omoplates
la brisure dans la main gauche
et dans la main droite
repliée sous l'or des souvenirs

tu exprimes le sable
l'éclaire en cristaux d'empreintes
tu soignes les cristallins
sertis de mines colorées
de crayons sans dessins
encore

tu reviens à l'aube des marbres
et des jonc tressés
en berceaux en chandelles
allumés sur ton front

tant de rouges et tant d'offrandes
tant que trop
que tellement

aimer, c'est si peu
pourtant
avouer simple et vert
son éternité.

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21/03/2006

[Chants de chevet]


[Chants de chevet]

quels que soient les masques outre-mer
les replis de cernes ou nuées de jouissance
sous les paupières
on datait l’ancienneté des arrivants
à la résurgence de leur accent
au morcellement métronomique
de la texture lustrée de leur voix

c’était à force de conciliabules agiles
de paroles élimées sur tant et tant de visages
ciselées par autant d’yeux
que d’hôtes assis en une vie de tablée
que leur modulation vocale s’était autrefois unifiée,
harmonisée puis
déshormonisé

de femme ou d’homme, plus de nuance
le bonjour, le bonsoir, le merci après vous
le couci et couça
et s’il vous plaît donc autant pour moi
les badinages auto métro tram bus
tout sonnait alors
d’une note égale
subtile
et presque radiophonique

mais arrivé ici
ici,
à l’escale du plus vivre
au seuil du disparaître
à l’endroit du non lieu
les bouffées de paysage les vagues de frondaisons
les effluves de tourbes et forêts brugheliennes
les haleines de larges
rouillaient la gorge
avant que la soif

extripaient le flamboyant
des ventres
les lumières ouvragées
les couleurs à gogo, les kaléïdoscopes sonores
(chants de chevet, de nuit, à déjeuner,
de travail,
d’honneur, d’hôte ou d’orientation)
et les blés fracassés de soleil, les mémoires de cloche-pieds
et marelles
les sentiments excavés et comblés
et tous les rêves
et tous
les
rêves
et
tous

à tresser à gémir à maudire
à aimer
enfin nuement aimer
enfin
tant et tant
et tant encore que l’on éclatait enfin
la bogue molle où sommeillaient nos langues

et prononcions l’alphabet unique
de nos cendres.

Extrait des “fantômes de l’infini peu” (il faudra qu'un jour je vous mette els autres textes du recueil)



Clepsydre

Clepsydre

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