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01/06/2012

Le Brame de la Minotaure, Angèle Paoli (Vases communicants)

 Tous les premiers vendredis du mois, des auteurs échangent leurs espaces personnels sur internet.  C'est Angèle Paoli, auteure publiée dans les revues DiptYque, responsable du blog poétique et littéraire "Terres de femmes" qui m'a contactée cette fois pour cet échange. J'accueille ici un texte, et mon petit écho ricoche sur son magnifique blog.

 

Le brame de la Minotaure

 


 

 

.Odeur tenace de fumier remugles de sangliers chairs éventrées dans l'espace invisible.

 

.je suis la Minotaure affamée de sexe de chaleur de ventre mon corps appelle crie famine geint meugle

sa douleur il rue sabots de feu dans les viscères de la terre le labyrinthe du maquis m'accueille mille

voix fouies dans la roche je roule déroule ma croupe sombre au creux de l'énigme je suis mâle et

femelle livrée en pâture à l'incompréhension des hommes mon destin est obscur et mes maux sans appel.

 

 .nul n'écoute mon brame sourd

nul n'attend de moi que vienne la vérité de mon sort.

.ma mère a engendré le monstre que je suis

insatiable d'attente inassouvie

en vain je me repais des caresses de l'autre

mon seuil est au-delà

suspendu à l'abîme

puits sans fond qui m'aspire

paroi après paroi

ma corne de licorne indocile

s'accroche aux branches velues de mousses

rien ne me retient dans ma chute

ma laideur insupporte et mon malheur

répugne à qui m'approche

ma pensée est douleur

de flamme sans feu

de ciel sans étoiles

de lune sans halo

 

 
 

 

la mer à mes pieds est couvercle bouclé

à double tour de nasse

par où entrer par où sortir

rien qui indique la route à suivre

seul m'apaise l'écho sombre des mes pas sur l'asphalte brûlante

mon ombre longue m'est compagne fidèle.

 

 

 

.les chèvres sont là au détour d’une sente odorante

une jeune femme accroupie sur la marche

berce son enfant boucles brunes à l’entour de l’oval

une belette traverse et file au fourré

petit bonheur du jour

 
 

 

. dans la lumière boisée de l'automne

j'accélère le pas

bercer ma plainte terre labourée qui libère ses parfums

de chair humide.

 

 

 

.elle m'échappe et c'est toi que j'aime dans l'obscurité

de mon histoire

étrangère je passe dans sa solitude la traverse

une même incompréhension du monde menace

silences ténus

là où gît ta franchise la main est ton guide sûr

vers le plaisir farouche qui monte

chair ouverte qu'aucune langue

ne cherche plus à assouvir.

 

 

 

.les portes s'ouvrent et se referment sans visibilité sur l'ailleurs

odeur de groin de terre remuée chairs éventrées

elle ne viendra plus

à quelle proie nouvelle ouvrir ma porte d'entrailles

à quelle voix unir la mienne

désir contre désir.

 

 

 

. la montagne se rapproche m'offre sa pente lumière effilochée

à travers un nuage

les sangliers glapissent frimas des feuilles

avant n'est plus je l'ai égaré branches brisées bruits de

le maquis respire qui vibre de silence.

 

 
 

.tu es laide et je t'aime.

 

 

 

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Liste des vases communicants de ce mois de juin

 

 

François Bon http://www.tierslivre.net et Mahigan Lepage http://mahigan.ca/

Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ et Céline Renoux http://lafilledesastres.com/

Sabine Huynh http://www.sabinehuynh.com/ et Michel Brosseau http://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip/

Ana NB http://sauvageana.blogspot.fr/ et Franck Queyraud http://flaneriequotidienne.wordpress.com/

Florence Noël http://pantarei.hautetfort.com/ et Angèle Paoli http://terresdefemmes.blogs.com/

Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com
Catherine Désormière http://desormiere.blog.lemonde.fr/ et Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com/
Camille Philibert-Rossignol http://camillephi.blogspot.com/ et Christopher Sélac http://christopherselac.livreaucentre.fr
Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/ et Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/category/vases-communicants/
François Bonneau http://irregulier.blogspot.fr/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/
Danielle Masson http://jetonslencre.blogspot.com/ et Christine Leininger http://les-embrasses.blogspot.fr/
En thèse http://enthese.hypotheses.org/15 et L'infusoir http://infusoir.hypotheses.org/
Flo H http://wingsofflo.tumblr.com/ et Xavier Galaup http://tikopia.wordpress.com/
L.Sarah Dubas http://lsarahdubas.over-blog.com/ et Chez Jeanne http://www.babelibellus.fr/
Hélène Verdier http://louisevs.blog.lemonde.fr/ et Quotiriens http://quotiriens.blog.lemonde.fr/
Joachim Séné http://joachimsene.fr/txt/ et JW Chan http://2yeux.blog.lemonde.fr/

03/09/2010

Page ouverte à Kouki Rossi (vases communicants)

Reprise des vases communicants avec ce premier vendredi de la rentrée de septembre toujours propice à des regains d'énergie. Cette fois, Panta Rei échange avec le blog Kouki Stories. Et vous invite par la même occasion à aller lire et découvrir prose et poésie que Kouki Rossi y publie régulièrement.

 

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00:00 Publié dans poésie, Vases communicants | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : kouki, vases communicants, poésie |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

01/07/2010

Page ouverte à France Burghelle-Rey

Premier vendredi du mois, ouverture  - comme chaque mois maintenant - de panta Rei à un ou une autre auteur d'un blog ami  dans le cadre des vases communicants. Aujourd'hui France Burghelle-Rey nous livre un extrait des Chants de l'Enfance*. L'enfance est aussi le thème que j'explore dans les textes publiés sur son site "De la musique avant toute chose".

 


 

 

Cette source en bas de marches…

passé qui bouleverse

le présent du poème dans l'écho incessant

des notes que tu chantes

 

 

Peer Gynt m'enchantait

avant que les nuages n'effacent

le rose du matin

 

 

J'aurais voulu porter des jeans

à l'âge où il fallait jouer au mikado

 

 

A la place d'une partie de nain jaune

j'ai eu ta fuite

avec ton insolence et tes rires amers

 

 

Les odeurs des nuits mouillées qui

sentent l'attente

ont de nouvelles couleurs

sont phares de ma musique

 

 

Je concorde les temps

recompose un passé

 

 

Plus d'interlude ni de soupirs

quand une jeune fille se maquille

 

 

Mais j'ai vieilli et dans

des corridors d'angoisse

traîne ma peau sans te revoir

je ne cesse de crier

 


 


France Burghelle-Rey

 

 

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* dans le premier numéro de DiptYque (juin-juillet 2010) France nous partage dans un "chantier de poème" le processus qui mène à l'écriture d'un de ces poèmes du recueil "Le chant de l'enfance".

 

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Les autres participants de ce mois aux vases communicants :

 

Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/ et Kathie Durand http://www.minetteaferraille.net/
Loran Bart http://noteseparses.wordpress.com/ et Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/
Anna de Sandre http://annadesandre.blogspot.com/ et Jonavin http://crayondelune.blogspot.com/
Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/ et Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1
France Burghelle-Rey http://france.burghellerey.over-blog.com/ et Florence Noël http://pantarei.hautetfort.com/
Landry Jutier http://landryjutier.wordpress.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/