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15/03/2009

Synchronicités et poésie

D'après Annick de Souzenelle dont je lis -enfin - le livre "Le symbolisme du corps humain" que j'avais acheté par "hasard" il y a presque quinze ans, il n'y a pas de hasard. Elle s'appuie en cela sur son expérience mystique personnelle et aussi sur Jung:

« Ce « en même temps » correspond étroitement à la loi de la synchronicité dont parle Jung. Jung aborde ce sujet en s’appuyant en grande partie sur la tradition chinoise, sur le Tao. par cette voie, il dégage la correspondance qui existe entre un archétype et les série des symboles qui lui sont liés, ce qui amène, au plan du manifesté, l’apparition de plusieurs événements convergents comme d’étranges coïncidences aux yeux de l’ignorant qui les met sur le compte du hasard. Qu’est ce que le hasard ? Si ce n’est une réalité méconnue : celle des lois ontologiques qui relient le monde des Archétypes à celui du manifesté » Annick de Souzenelle, Le symbolisme du corps humain, page 25.

J'ai fait suffisamment souvent l'expérience de synchronicités dans ma vie pour apprécier la justesse de cette réflexion. Mais depuis quelques mois et particulièrement depuis deux semaines, on peut dire que le faiseau de résonnances symboliques s'intensifie. Je suis donc en train de lire le livre pré-cité. J'en parle un peu "au hasard" à une connaissance chrétienne qui me dit être fan, avoir tous ses livres. Alors qu'à cause de circonstances un peu externes -rangement dans la maison en vue de réceptionner de nouveaux meubles - je suis moins plongée dans ce monde enthousiasmant que je découvre par son ouvrage, Véronique (la vraie icône éthymologiquement) vient sonner à ma porte avec toutes ses cassettes audio de conférences d'Annick de Souzenelle. Quelques jours avant, choisissant un lien de vidéo pour mon blog (la Multiple splendeur), j'ignorais que je postais une vidéo sur le livre d'un poète belge dont le titre était inspiré du Livre du Zohar (livre des Splendeurs) dont s'inspire notamment la très riche méditation d 'Annick de Souzenelle. C'est l'auteur du film en question qui me l'a appris. Mais cela ne s'arrête pas là. Je me décide à écouter les cassettes, profitant de mes séances d'allaitement avec Annaëlle. Mais de nouveau le devoir m'appelle, il faut ranger des livres, monter des étagères. En rangeant mes livres de poésie après déménagement de pièce à pièce, je n'en ouvre qu'un seul, "instinctivement", un exemplaire de la revue Phréatique n°93, consacré aux lieux poétiques. J'ai des tas d'autres exemplaires de Phréatique, qu'une amie m'avait passés, mais c'est le seul qui n'est pas actuellement dans le grenier. A peine ouvert, je tombe sur toute une série de textes qui affluent dans le sens de ma lecture d'Annick de Souzenelle et notamment un texte qui reprend la théorie de Jung sur les archétypes et les symboles. Mais surtout sur un long poème tout entier inspiré de la même mystique qui soutend le discours de Souzenelle.

Je vous tappe un extrait, mais tout le très long poème serait à citer...

"Soudain tout s'est éclairé au-delà de toute attente
mais il a fallu plonger

Le don de la lumière ouvre à l'enfer et aux ténèbres.
-Il faudra les traverser; comme on traverse le désert,
mais sans caravane. -
Qui ne tremblerait pas?
qui pourrait ignorer le mouvement de recul
et ne comprendrait pas le repli de la cave définitive
du sourd, du muet, du borgne des deux yeux, qu'on était?
Qui, s'il n'avait pas reçu la force inattendue, aurait pu
ne plus s'enrouler en un galet au bord du fleuve d'habitude?"

(...)

"La poésie ne donne rien
qu'un arrêt de mort
avant l'inspiration oubliée
où reprendre souffle.

Il lui arrive d'ouvrir au coeur,
la coupe indélébile
où le désir parle d'allier
la terre au ciel.

Elle rêve de greffer
à l'oreille attentive,
le coeur qui se souvient."

"L'oeuf de granit
couve la chaleur de la paume
se souvient
d'un goût de branche et de racine,
puis écoute
le sang parcourir les veines
jusqu'à palper
l'arbre de vie"

Après recherches intriguées sur le net, j'apprends que l'auteur, Bernard Jakobiak, est un franco-polonais de religion orthodoxe, comme Annick de Souzenelle. Tout cela ne veut dire quelque chose que pour moi, en ce moment, et je m'en réjouis. Mais parfois, ça fait du bien de le dire aussi.

Puis, si une lecture du corps inscrite non seulement dans la tradition mystique du judaïsme et de la prime chrétienté ainsi que dans tous les mythes, dont pas mal de mythes originels vous intéresse, lisez ce livre. C'est un assez ardu, mais c'est... fructifiant. Qui sait, cet article ne sera peut-être pas qu'un hasard pmour tout lecteur....