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12/10/2009

douze carrés blancs (4)

Douze carrés blancs (4)


- Ce qu'on dit de la nuit -


c’est le milieu de la nuit
le battant pend au centre juste
de la corolle de bronze
un souffle à peine y tourne

c’est le milieu de la nuit
alors dormir est l’acte juste
dans la corolle de chair
des hommes repus d’oraison

on sait que les visions repeignent
les grands draps stellaires tirés
pour la scénographie biblique
qu’ici seulement le juste reçoit
sans décret ni sentence

mais la bouche est discrète sur ces marques
que la peau translucide émet
parfois
au matin clair et diaphane
le pied n’y tremble

on sait
alors on tait
comme dans tout mystère arrondi
sous le coup d’un caillou
jeté dans l’onde du désir

 

16:40 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, poésie, moines, désert, nuit, visions, désirs |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

08/10/2009

douze carrés blancs (3)

- Matteus -



il passe de sommeil à éveil d’un simple coup de hanche
juste avant que ne sonne la cloche
- habitude ou impatience -
le bruit de bronze la déglutition élastique
il a déjà ceint ses reins de la corde
à peine est-il dressé ses genoux reviennent à la terre
se souvenir qu’on n’est debout qu’une fois
la main de Dieu saisie
qui vous relève


bien sûr, bien sûr il ne calcule plus rien
- ce temps qui lui reste l’abandon encore -
mais si en fait,
chaque jour son front fouille
le méandre de chaleur dans ses draps secs et rêches
l’amitié courbe d’un matelas
même épais comme le doigt

bien sûr, bien sûr, on le croit réglé
au grain de sable près
-c’est ainsi car la Règle on l’ingère
la mange miette par miette, le silence aidant
nourissant les heures, les tâches, la direction du cœur -
mais si en fait,
chaque matin son nez recrée
l’effluve torréfié d’une tasse très chaude
sur une table rondement luisante

- il n’y a aucun mal, bien sûr,
qui justifie l’austérité –

pourtant chaque matin
il se réveille juste avant
glisse du lit à l’oraison
mange sa règle
avant son pain et son thé identique
à chaque matin
et il sourit

sa mère a dit un jour
- il l’a revue il y a longtemps maintenant –
c’est un mystère pour moi ce sourire
il ne peut venir de toi
comment pourrais-tu toi qui es nu et pauvre et
qui est loin de ceux qui t’aiment

c’est vrai il ne peut venir de lui
c’est pour cela qu’il sourit
d’être traversé d’une joie toute autre
de manger d’un pain tout autre
de laisser parler la mie dans le plus grand silence
d’écrire dans le sillage de ses sandales
un poème d’une seule ligne
parcourant l’arc pur
d’un lever au coucher

 

 

*

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Illustration Blog Land art

http://nature-art.blogspot.com/2009/09/le-refuge-du-vieil...

 

11:44 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : douze carré blancs, moines, littérature, poésie, désert |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

28/09/2009

douze carrés blancs (2)

 

 

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Monastère de Sumela en Turquie

Photo de "Sur les ailes du monde" 

 

 

on l'imagine tiède
dépris par érosion,
un vent sans méchanceté
un vent sans émotion

on voit l'image très lente
de ce désert d'altitude
à peine effleuré d'un mouvement qui
se pose
puis s'en va
l'écran scintille
son soleil de pixels
en superposition d'éclats plus purs
les murs immaculés

ils ne disent pas
-la voix off ne dit pas –
s'ils les repeignent
souvent ou
si la lumière sans filtre
s'en charge
sœur lumière

*

tout est de toujours
ces hommes aussi
l'un – c'est tentant
d'y croire –
remplace un autre
les semelles changent
les dépouilles de rites
servent de vêt au nouveau
noviciat d'une rythmique
encerclée d'indéfaisable.

10:29 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : douze carrés blancs, désert, moines, poésies, littérature |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |