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04/03/2014

Souvenez-nous (lorsque nous marchions...)

souvenez-nous
nos pieds défiaient le hasard
nous harmonisions les passages
pour piétons chaotiques
fouler les blanches seulement
bien enjamber les joints
des pavés rabâchés
marche paire pied droit
marche impaire pied gauche
ne pas laisser l'ombre
du suivant nous croiser
question de vie ou de mort

("souvenez-nous", inédit.... sur ces enfances en mémoires vives)

IMG_0306.JPG

19:06 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poésie, enfance, florence noël |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

01/07/2010

Page ouverte à France Burghelle-Rey

Premier vendredi du mois, ouverture  - comme chaque mois maintenant - de panta Rei à un ou une autre auteur d'un blog ami  dans le cadre des vases communicants. Aujourd'hui France Burghelle-Rey nous livre un extrait des Chants de l'Enfance*. L'enfance est aussi le thème que j'explore dans les textes publiés sur son site "De la musique avant toute chose".

 


 

 

Cette source en bas de marches…

passé qui bouleverse

le présent du poème dans l'écho incessant

des notes que tu chantes

 

 

Peer Gynt m'enchantait

avant que les nuages n'effacent

le rose du matin

 

 

J'aurais voulu porter des jeans

à l'âge où il fallait jouer au mikado

 

 

A la place d'une partie de nain jaune

j'ai eu ta fuite

avec ton insolence et tes rires amers

 

 

Les odeurs des nuits mouillées qui

sentent l'attente

ont de nouvelles couleurs

sont phares de ma musique

 

 

Je concorde les temps

recompose un passé

 

 

Plus d'interlude ni de soupirs

quand une jeune fille se maquille

 

 

Mais j'ai vieilli et dans

des corridors d'angoisse

traîne ma peau sans te revoir

je ne cesse de crier

 


 


France Burghelle-Rey

 

 

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* dans le premier numéro de DiptYque (juin-juillet 2010) France nous partage dans un "chantier de poème" le processus qui mène à l'écriture d'un de ces poèmes du recueil "Le chant de l'enfance".

 

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Les autres participants de ce mois aux vases communicants :

 

Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/ et Kathie Durand http://www.minetteaferraille.net/
Loran Bart http://noteseparses.wordpress.com/ et Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/
Anna de Sandre http://annadesandre.blogspot.com/ et Jonavin http://crayondelune.blogspot.com/
Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/ et Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1
France Burghelle-Rey http://france.burghellerey.over-blog.com/ et Florence Noël http://pantarei.hautetfort.com/
Landry Jutier http://landryjutier.wordpress.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/

04/06/2010

La violence fut ici comme ailleurs - vases communicants avec Anthony Poiraudeau

Ce premier vendredi du mois de juin, comme depuis quelques mois déjà, je participe à l'échange entre blogs au sein des "vases communicants" initié par François Bon. J'accueille Anthony Poiraudeau tandis qu'il m'accueille sur son blog "futile et grave". Anthony anime aussi le Convoi des Glossolales qui se fait fort de publier chaque jour au moins un extrait de récit d'un de ses auteurs réguliers ou ponctuels. Explorez ces lieux, ces univers, son écriture et celles de ses hôtes.

 

*


La violence fut ici comme ailleurs

 

 

Pour accéder à la ferme depuis le bourg du village, on emprunte sur la gauche une route étroite qui plonge sous les arbres avant de remonter aussi sec. Enfant, j’aurais souhaité que ces trois ou quatre cents mètres, maximum, jusqu’au carrefour formé par le hameau, ne finissent jamais. Dans la voiture de mes parents, sur la route qui nous faisait avaler le relief du coteau à la vitesse adéquate, le plafond de feuilles et les bordures de haies me prenaient là et excitaient mes pensées. Je trouvais ici intacte ma croyance en l’imminence de l’aventure. Une fois passée cette route, nous prenions à gauche et arrivions aussitôt à la maison de mes oncles et tante, ceux qui avaient repris la ferme. La maison, parfaitement ordinaire, construite dans les années 1970, me communiquait immanquablement sa morosité campagnarde et dominicale, en même temps qu’un ennui instantané. Près d’elle se trouvaient la vieille grange ainsi que deux bâtiments agricoles, une bâtisse fruste où l’on stationnait des véhicules et un grand abri en béton et en tôle qui servait à abriter le foin rassemblé en bottes.

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