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29/12/2009

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 3 : Adagio)

troisième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Troisième mouvement : adagio


Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :

 

4522.jpg

 

 






photo 4512 : sur une série photographique de Pierre Gaudu
http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967248463/



http://pierre-gaudu.over-blog.com/album-1403590.html




au revers de tes yeux clos elle crayonne, elle hésite ton contours, toi yeux nus elle t’invite et t’agenouille déjà sa main te redessine, sa nue main des caresses tremblées
tes yeux clos envolée elle t’aiguise - ondulation régulière- elle infinitésimalement se cambre, sous tes yeux nus qui la résigne, et cicatrise, et s’ambre
comme tes yeux s’ouvrent, tes yeux, leurs sphères douloureuse, sa tendresse : où est-elle l’ombre à déshabiller, dis ? sur laquelle de ses jambes croît-elle ? à la mesure de quelle mort ? et cette apnée dis-moi, jusqu’à l’intaille de la rupture, de quelle louange fendra-t-elle la bogue ?

(dis-moi)

tu te déchausses à ses racines
et ton corps ploie au galbe de son tronc
tu te démets de ses ramures
couronne lassée de feu
dis-moi le glacé des herbes où ton paletot
s’écroule
et tes cités, et tes parades, et tes chimères
s’épandent
et à quel frère consolant reviendra
ta peau d’âme retournée ?


ta peau emprunte au sol ce froid poli des pierres, des rouges-gorges s’abreuvent à tes crevasses,
où est-ce ta salive nourrie d’une même sève dans la fluidité des frondaisons ?
mais rien, non rien n’est promesse que tes yeux séchés d’enfance,
ses mains amies écartent les rideaux de la plaie – brisure de lumière- et des mondes s’entrechoquent radiant
où bien est-ce du ventre qu’elles éclatent, les défaites, les amours, les désolations bues ?


pour toi,
elle danse toute parée de flammèches
les cieux s’ouvrent sur cette absence
ce figé d’exclamation
mais il faut bien renoncer à être
pour te laisser là
trop vivante, ont-ils dit
trop vivante.