08.12.2009
Petit dégradé de lumière sur mosaïque d'herbe haute
Plaisir d'offrir en cette saison où l'hiver resserre son étreinte tout contre nos épaules. Geste que j'aurai longtemps hésité à faire car souvent, la poésie offerte est vue comme une poésie sans valeur. Dans notre monde où même une belle fête de Noël se monnaye, offrir du beau, gratuitement, mais surtout sans se soucier de perdre une opportunité de se faire valoir mieux, cela n'a pas bonne presse.
Le foie gras que le supermarché va m'offrir ce WE à l'achat de 50 euros de courses, sera-t-il moins bon que celui que je dégusterai après avoir fait sonner et trébucher ma précieuse monnaie? Je n'en sais rien, à vrai dire... Le plaisir de l'homme vient parfois plus de l'idée du goût que du goût lui-même... Sans doute est-ce pour cela que j'aime tant ce film de Jaoui "Le goût des autres".
J'offre à la lecture ce recueil, comme je l'ai toujours fait, depuis que je suis sur le net. C'est ainsi, différemment, mais avec justesse, que je vous ai rencontré amis, lecteurs, artistes, vivants, hommes et femmes sensibles.
Bien sûr, un jour, j'aimerais le tenir en main dans du beau papier crème, cartonné, illustré peut-être de quelques oeuvres d'artistes...
Mais que saurais-je alors de votre plaisir de lecture? D'ici là, je vous offre ces quelques fragments de vies, vies songées, vies rêvées, vies solaires ou vies cendreuses. Ce qu'on offre, on le perd rarement, ou jamais. On le gagne, toujours.
Allez aussi consulter ce très beau recueil mis en ligne par l'artiste et poète Nicolas Vasse, aux multiples talents.
"Grande cavale par sous-bois ténus par la peur des regards cachés vautrés dans le murmure des branches alors l’évasion par la fureur d’être là quoiqu’il puisse survenir d’affreux dans le destin de toute façon devant ou derrière déjà."
"Assis perdus dans une écoute buvant myriades et lait d’ours comme ivrognes de cieux descendus nous apercevions des marches de mousse un peu glissantes et sur lesquelles semblaient se hisser de petites crêtes d’amertumes bien particulières. "
12:09 Publié dans le goût des autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : calaméo, poésie, florence noël, nicolas vasse, recueil, ...
19.11.2009
Chardon de Pierre : entre le craquant et le caressant
Un autre extrait de cette collaboration avec Pierre Gaudu, sur sa série de photographies - portraits -de chardons...
10:02 Publié dans le goût des autres | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, chardon, pierre gaudu, littérature, photographie, noir et blanc
16.11.2009
Les chardons de Pierre
Pierre Gaudu est un artiste peintre qui vit près de Grenoble. (son site) Il y aurait beaucoup à dire de ses oeuvres abstraites, travaillant sur le mouvement interne et sur une cinématique d'une oeuvre à sa précédente. Il y a toute la série qui s'inscrit dans la quête des couleurs de Delacroix. Aborder son oeuvre par cette série fait réaliser que ses tableaux parlent, d'une matière qui réinvente la forme pour quêter d'une réalité ses impressions et son mouvement.
Il s'agit d'une série d'interprétations libres réalisée en 1994/95 d'après la période orientale de Delacroix, chasses au lion,indienne attaquée par un tigre, fantasia etc...
D'autres oeuvres qui rentrent dans une série en gestation continue, nous ouvrent à l'alpha et l'omega, l'origine et l'évolution, une réflexion sur l'alchimie de l'or et du plomb, sur l'être, le possible, les effets... Voir chaque semaine les nouvelles oeuvres comme compléter et répondre aux précédentes est comme être initié à un dialogue à la fois intérieur et universel avec le sacré.
Pierre Gaudu est aussi un photographe inspiré. Il tire de la nature des tableaux évocateurs de troubles et d'aspirations intimes. Ses pierres, ses silhouettes, ses chardons nous disent autre chose que la beauté nue d'une pierre, d'une ombre ou d'un chardon. Ils semblent capturés pour ce qu'ils reflètent de notre rapport à la création. Peut-être que le mot création est un mot qui dérangera. Mais finalement nous créons et tout créateur se sait inscrit dans une dynamique plus vaste préexistant. Sans doute est-ce pour cela que ses pierres m'ont inspirées pour le texte "Douze carrés blanc 5".
Sa série des chardons, sera quant à elle bientôt sujet d'une exposition. A la demande de Pierre, j'ai écris quelques petits textes sur mon ressenti face à ces photos où soyeux et piquant se cotoient dans une dialectique de la nature intime de nos quêtes d'amour et de beauté. Souffrance et joie s'y frottent s'y résolvent, s'y enlacent. Observer ces sommités de chardon, se questionner sur l'émotion qu'elles suscitent en nous, nous met en perspective nos propres désirs et nos propres épreuves.
Alors, ce petit partage :

11:39 Publié dans le goût des autres | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chardons, pierre gaudu, peinture, photographie, poésie, littérature
21.06.2006
l'abolition et la naissance
« Ouvert ou fermé, le poème exige l’abolition du poète qui l’a écrit et la naissance du poète qui le lit »
Octavio Paz
12:29 Publié dans le goût des autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie tout simplement




































