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12/09/2009

L'eau d'arquebusade et vulnéraires

En hommage au magnifique blog d'Eric Poindron dans lequel je pourrais passer des heures heureuses à errer de curiosités en curiosités, voici une petite vue curieuse issue de mon dernier périple en terre de Gaume.

La porte de l'âme

Les moines d'Orval, de l'ancienne abbaye, celle qui était encore sur pied avant le 19ème siècle, cultivaient les simples et quelques autres herbes qu'ils aimaient préparer pour guérir les leurs mais aussi tout le voisinage. Parmi ces délectables remèdes, fioles d'onguent ou autres philtre on trouvait un élixir particulier :

L'eau d'Arquebusade et vulnéraire d'Orval.

Je vous laisse savourer la description de ce remède quasi universel, bon pour le dedans autant que le dehors et qui aurait pu désarmer toute crainte de grippe mexicaine dans le chef des bons moines et de leurs clients.

 Vertus de l'eau d'arquebusade et vulnéraire

L'ancienne pharmacie, ses pots et ses pilons, ses alambics vaut aussi le coup d'oeil nostalgique, quel bonheur de pénétrer dans ces antichambres de la santé, avec les sens déjà tout convaincus par le décorum imposant et le savoir ancyclopédique autant qu'empirique des hommes de bure....

 Remèdes ancestraux

 Mais qui aujourd'hui, aurait encore la science et le courage de préparer une potion selon cette recette :

Vous prendrez quatre poignées de Consoude, feuilles, fleurs, & même racine.

Quatre poignées d'Armoise.

Quatre poignées de Bugle.

Quatre poignées de Sauge.

Deux poignées de feuilles de Bétoine.

Deux poignées de grande Marguerite, ou oeil de Boeuf.

Deux poignées de Sanicle.

Deux poignées de grande Scrophulaire.

Deux poignées de Paquerette ou petite Marguerite.

Deux poignées d'Aigremoine.

Deux poignées de Plantain.

Deux poignées de Verveine.

Deux poignées de Fenouil.

Deux poignées d'Absynthe.

Une poignée de Véronique.

Une poignée d'Orpin.

Une poignée de Mille-pertuis.

Une poignée d'Aristoloche longue.

Une poignée de petite Centaurée.

Une poignée de Mille-feuille.

Une poignée de Menthe.

Une poignée de Nicotiane.

Une poignée de Piloselle.

Une poignée d'Hyssope.

Quand vous aurez toutes ces plantes, qu'il faut, s'il se peut, cueillir en temps chaud & sec, au commencement de Juillet ou sur la fin de Juin, & même en Juillét tout entier, temps où ces plantes ont toutes leurs vertus , vous les hacherez bien menu & les pilerez ; & cela fait, vous les mettrez infuser dans un grand pôt de terre avec douze pintes de bon yin blanc, & six pintes d'eau-de-vie, & les mettrez en digestion dans un tas de fumier bien chaud ou sur un four, l'espace environ de trois jours ; & au bout de ce temps vous les mettrez dans un grand Alambic ordinaire au ??réfrétoire?? , & les distillerez à feu nud sur un feu ordinaire, pour tirer de cette quantité d'esprits environ le quart des esprits du vin blanc, & la moitié de ceux de l'eau-de-vie, qui vous donneront environ entre six à sept pintes ; mais n'en distillez pas davantage, si vous voulez qu'elle soit bonne & point phlegmatique ; car il faut bien prendre garde de ne point tirer de phlegme.

Nota. Il faut bien boucher le pot de terre où vous aurez mis la digestion, & même le luterez bien exactement, de peur que les esprits ne se dissipent.

 

Comme quoi, la poésie commence à ras de terre, là d'où tous nous venons....

 

15:27 Publié dans cabinet de curiosité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gaume, orval, curiosités, eric poindron |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |