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04/02/2010

Branche d'acacia brassée par le vent. Cinquième mouvement : Andante cantabile

Cinquième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Cinquième mouvement : Andante cantabile





Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :


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photo 4523 - sur une série photographique de Pierre Gaudu
http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967248463/

http://pierre-gaudu.over-blog.com/album-1403590.html







alors, je chante parmi les éclaboussures de blancheur, puis j’élague ma voix, ma phalange soulevée pour, vague à toi, pour d’un frémissement, filer la frange gracile d’une branche saisie et respirée

alors, toute chantée j’erre, sel aux yeux, pour légère qu’est la fâcherie entre sa vague et nos soifs, d’un balancement anisé, toute chantée j’offre de ma voix le comble et m’élève, d’une phalange à peine

alors, oui, tout m’enchante car qu’est-ce sinon un frémissement, le farouche d’un nœud qui s’affaisse au gré du frais - noce de soir – la foudre semée en rond dans l’oh d’émerveillement, si ma phalange abrège le va et vient sonore


incantée comme bercée
oui j’ébroue la vocalise
souffle fou affrété
où prend proue dans mon ventre
appétence puis
brusquement
affalée sous
le dôme bruissant des cimes
envoûtemento


branches, elles ont su prononcer, avec quelle élégance, l’hélice du vertige, l’affamé des rafales, la naissance du peu, au vibrato ma peau

feuilles, de jeune runes sériées au puits fauve de mes paumes, prononcées dans le trouble d’un air de lèvres émues

nervures, stances commises par mille, car myriade est leur force, dans mes joues désculpter le squelette du souffle



on dit des sortilèges
l’heur d’être évanescent
on dit leur vapeur d’elles
leur si infime humeur
mais cette mélodie-là
étrangle la tristesse
à la première voyelle

12/01/2010

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 4 : Menuet)

 

Quatrième mouvement : Menuet

 

 

Quatrième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"

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http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967...

 

 

ainsi suspendus, faut-il qu’il nous arrime, ainsi – syncope et tombé d’heure - nous prélevions la dîme du présent, le contretemps du vivre, ainsi qu’en laps d’absence,


ainsi tels qu’en suspens, tellement tu sais, tellement sur le tendre, membrane du plexus contre-arquée à la gorge, ainsi est la balance, est-ce jeu, est-ce sens ?


ainsi dans le partir, ainsi dans le revenir, ainsi sans plus de bruit, feutrine de glotte, tamis d’éther, ensablement d’ouïe, dans le jaillir d’une flèche, puis dans son repentir,


ainsi par le surprendre, affrétés au mystère, l’énigme d’une saccade au rythme d’un saccage, et la texture interne des gorges qui s’enlisent,

 

Ainsi on vit, et ainsi saisis, et ainsi chéris

 

c’est à ne plus entendre
dans l’éblouissement des tempes
c’est à ne plus comprendre
le poussé des larmes dessous la peau
quand vient ce feu des formes
l’onde – la Grâce – écoulée
par nos ébauches
de tendresse

 

car la branche imperturbable s’anime – silencieusement – nous décharge de nos pesants de jours


la branche impérieuse anime en nous – saisissement – les puisants de trous, les épuisés de trêves, les trouvés de patience,


branche mouvementée anime, émue de dolence puis de fièvre, l’effusion du frêle puis du flambé des feuilles,

 

elle n’est qu’
une
égratignure sur la
pupille
elle s’enfle et
nous éparpille

 

29/12/2009

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 3 : Adagio)

troisième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Troisième mouvement : adagio


Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :

 

4522.jpg

 

 






photo 4512 : sur une série photographique de Pierre Gaudu
http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967248463/



http://pierre-gaudu.over-blog.com/album-1403590.html




au revers de tes yeux clos elle crayonne, elle hésite ton contours, toi yeux nus elle t’invite et t’agenouille déjà sa main te redessine, sa nue main des caresses tremblées
tes yeux clos envolée elle t’aiguise - ondulation régulière- elle infinitésimalement se cambre, sous tes yeux nus qui la résigne, et cicatrise, et s’ambre
comme tes yeux s’ouvrent, tes yeux, leurs sphères douloureuse, sa tendresse : où est-elle l’ombre à déshabiller, dis ? sur laquelle de ses jambes croît-elle ? à la mesure de quelle mort ? et cette apnée dis-moi, jusqu’à l’intaille de la rupture, de quelle louange fendra-t-elle la bogue ?

(dis-moi)

tu te déchausses à ses racines
et ton corps ploie au galbe de son tronc
tu te démets de ses ramures
couronne lassée de feu
dis-moi le glacé des herbes où ton paletot
s’écroule
et tes cités, et tes parades, et tes chimères
s’épandent
et à quel frère consolant reviendra
ta peau d’âme retournée ?


ta peau emprunte au sol ce froid poli des pierres, des rouges-gorges s’abreuvent à tes crevasses,
où est-ce ta salive nourrie d’une même sève dans la fluidité des frondaisons ?
mais rien, non rien n’est promesse que tes yeux séchés d’enfance,
ses mains amies écartent les rideaux de la plaie – brisure de lumière- et des mondes s’entrechoquent radiant
où bien est-ce du ventre qu’elles éclatent, les défaites, les amours, les désolations bues ?


pour toi,
elle danse toute parée de flammèches
les cieux s’ouvrent sur cette absence
ce figé d’exclamation
mais il faut bien renoncer à être
pour te laisser là
trop vivante, ont-ils dit
trop vivante.