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23/05/2008

récit long - extrait 7 - Journal de Samson

[dans le village de Gouriatski, Sud de la Biélorussie, village en zone contaminée] 

 (...)

Dès les premières minutes passées dans la classe, je sus que la journée serait longue. Les Mika, Tina, Vassiliev, Alexia, Andreï et autre Nicolaï me firent une fête qui me glissa sur l’esprit sans jamais parvenir à pénétrer ma chair ou à gonfler mon âme.

 

J’ai souvent connu ce vide qui préside aux rencontres. Un flottement où tout mon être se projette hors du cercle de personnes en présence, se dédouble et assiste, enferré à mon ombre tout ce que mon corps mouvant dit, fait et raconte. Il n’est pas possible de s’habituer à cette impression. Samson qui voit déserte Samson qui vit. Je ressens un pincement terrible et mes tripes se contractent en un nodule de nerfs sous le plexus. Je sais que si je m’en confiais à Ulric, il évoquerait la peur, mais ce mot m’incommode, je lui préfère celui de vertige.

 

La journée avait été mise sous le signe de l’ouverture sur le monde, tel que le monde peut être vu de là bas. J’étais un émissaire de l’étranger et je synthétisais le reste de la planète, ayant pour mon crédit toute mon expérience de globe trotter. Ils m’informèrent quant à eux des mesures régulières qu’ils faisaient de leurs nourritures locales, sur des prélèvements de lait, d’œufs, de gibiers ou de champignons. Des expériences, menées en direct, je pus apprécier la dose approximative de radionucléides que j’avais déjà absorbé par mes repas de gibier, de lait, de crèmes et autres potées, sans compter les fumées des foyers où tout ce qui utilisait le bois de la région – véritable réserve de contamination. Je n’ai jamais admiré ces acteurs qui grossissent de 20 kilos pour incarner -  le mot est faible – un rôle qui le requerrait. Le jeu suffit à vous rendre nains, génie ou extraterrestre pourvu que vous soyiez talentueux. Et pour ma part, aller en reportage, jusqu’au creux des guerres les moins populaires, ne m’a jamais poussé à endosser le rôle d’un des belligérants pour accéder à une information implicite.

 

D’heure en heure, par le babillage savant d’écoliers de 10 ans, je voyais se dessiner les contours du spectre qui marchait dans mes pas depuis deux jours, avec cette diligence des meilleurs sherpas : le mal vieux de vingt ans, insipide, incolore, inodore, invisible continuait de ronger lentement les corps de ces gens et pour le comprendre je n’avais eu d’autre choix que d’en faire l’expérience, à mon tour.

 

Sortir de ce village, s’évader par un quelconque prétexte, courir à travers bois, suivant le centre de la route, jusqu’à la maison forestière, prendre un taxi, n’importe quel véhicule, remonter plus au Nord. J’eus conscience du ridicule de mon angoisse, je voyais les dents, les pupilles, les mains de ces gosses rire et rayonner de fierté, tandis que les cellules conscientes de mon corps voyageaient à trois cents kilomètres. Mais rien, aucune persuasion, aucun rappel à l’ordre, aucun sursaut d’orgueil ne m’arrima à eux. Je soupçonnais qu’ils ne s’en apercevraient pas. Même si j’expérimentais pour la première fois cette terreur froide d’un piège aimable qui vous avale, moi qui avait traversé l’Irak, l’Afghanistan, la Tchétchénie, le Soudan ou pire encore, le Congo, je donnai le change tout le jour, jouant, répondant, photographiant avec application.

 

 «T’as une crasse dans l’œil » C’était Vassiliëv qui m’avait ainsi parlé en russe, juché sur le dossier de sa chaise. Je crus le voir pour la première fois. Il était rachitique, des cernes auréolaient ses yeux gris-bleu. Un charme éthéré s’en dégageait, un enfant gracieux, filiforme, anémique.

 

Oui, une crasse dans l’œil mon bonhomme, tu ne crois pas si bien dire. Plus qu’une crasse, une nuée de poussière, qui me faisait cligner et qui me rendait myope. Comme il se retournait vers le tableau, j’aperçu, sur le haut de sa nuque, de vilaines marques bleuâtres et des petites blessures rondes. Une scie froide coupa mon estomac en deux.

 

« Vassiliëv ? »  demandais-je à Madame Fiorensca quand la sonne clôtura enfin la classe. Les enfants battaient déjà la boue du chemin, phalènes ivres dans l’obscurité tombante.

 

« C’est l’aîné de deux frères, répondit-elle. Le programme de réhabilitation a appris aux populations à mieux sélectionner leurs aliments, pour éviter la contamination interne. Il était trop tard pour lui, sa mère réserve les rares denrées saines pour le plus jeune. Celui-ci est consciemment sacrifié. »

 

Dans le lointain, une plainte canine enfla. La cours roulait ses derniers échos sur le mur mat des fourrés. A présent nu, le chemin m’appelait. Grisha n’était pas venu, et je n’avais nulle envie de l’attendre. Mon ventre tendu et bouillant empesait toute ma démarche.

 

D’un cliquetis, l’institutrice ferma la porte des classes, elle me considéra gravement, sans un mot, jusqu’à ce que je me retourne vers elle et la dévisage posément. « Il leur est plus facile d’accuser les gens que les sols. Si on peut vivre ici, on peut aussi oublier le drame, se tourner vers l’avenir. C’est pourquoi nous sommes un laboratoire vierge de tout chercheur ».

 

Ma main resta dans la sienne un moment. L’instant d’après je remontais vers le village, perdu sous les étoiles. Sur le bas côté, un soufflement d’hérisson me mit en arrêt. Je bus une gorgée humide, intemporelle avant de reprendre ma marche.

 

 

 

16:40 Publié dans roman en cours | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nouvelle, biélorussie, enfant, classe, radioactivité |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

16/04/2008

récit long - extrait 5 - Elena

(...) 

 

Elle attrapa un gilet bleu irlandais qui traînait sur un dosser de chaise, l’enfila dans un frisson intense. Un café, noir, sans sucre, bien fort, pour tenir encore une heure, le temps qu’elles soient à l’école. Ensuite, dormir jusqu’à midi.


Une nuit de visions d’acryliques épanchées sur des toiles de plus en plus exigües. Là haut, perchée dans son pigeonnier –comme Samson avait coutume d’appeler son atelier sous les combles- une nuit sans insomnie puisque sa visée n’était pas l’endormissement, seulement un éveil qui sursoit aux songes du jour comme de la nuit.


Des grincements de plancher à l’étage, une série de craquements dans l’escalier ; Elena perçut une crispation violente dans la poitrine. Les filles n’avaient pas de dérivatif à cette douleur lancinante. A peine l’école, trois copines deux maîtresses, et elle, leur mère – celle qui demeure. Elle s’en voulut suffisamment pour puiser dans leur évocation un sourire de beau temps.


-« Câlin maman » salua l’Ariane des jours inquiets, la main serrée très fort sur le médaillon qui ne la quittait plus, avec sertie dedans, la photo de son père un jour de plage, de vent et de glace à la framboise.


Son corps léger et tiède à pleins bras : « Câlin mon scoubidou bleu. Tu veux inviter qui à la fête ? Choisis, on a de la place pour dormir »


- «Souria »


-« Sou… Mon ange, tu sais qu’elle ne peux pas venir »


Souria, la petite africaine, « à la robe damassée de parme et d’ocre et à la tête enrubannée d’un turban rouge rehaussé d’or », celle qui savait par cœur mille et deux contes, toutes les manières de faire le feu et les noms des étoiles, des nuages aussi, ainsi que des fleurs. Une chimère de Samson, dont il lui donnait des nouvelles dans chaque carte postale, dans chaque mail, dans chaque appel. L’héroïne de chacune des histoires du soir quand, revenu, il avait pour tâche de peupler leur nuit de rêves à la mesure de son silence. Souria s’était tue en même temps que Samson. Elena éprouva soudain à quel point cette amie lointaine devait manquer à sa fille. Un autre pan de son monde qui s’était volatilisé.


Elena devait être très loin dans ses réflexions car Coraline haussa brusquement le ton, « Maman, je te par-le, t’es dans la lune ? »


-« Arrête, elle est pas dans la lune » intervient sérieusement Ariane, « Elle est dans la cuisine ! »


Qu’il fut bon ce rire, qu’il fut bon de consoler Ariane vexée de ces rires, que le trajet fut léger pour cette fois. Même l’habituelle absence de salutation du clan des mamans snobs n’atteignit pas Elena qui marchait « dans des babouches de soie brocardées » avec la tête haute « des porteuses d’eau » ici et à dix milles kilomètres, en son for intérieur autant que sur une toile un peu plus vaste où elle crayonnerait jusqu’à midi la silhouette chamarrée d’une enfant à la peau cuivrée.

 

Happy Birthday to you...

La route inverse vers la maison lui parut plus longue, mais Elena aimait la lenteur patiente où œuvre une vraie délectation. Parfois le temps se distend, c’est lieu de visitation. Suivre sur ses vitres l’éclatement filamenteux des gouttes poursuivies d’air et de vitesse, recevoir ce soleil qui la coiffait à présent et cette presque douceur de l’atmosphère. Se garer et paisible, accomplir chaque geste comme on cueille les première mûres quand l’été culmine enfin. Fermer la portière – timbre sourd et courtois – parcourir les vingt mètres de sentier qui la sépare de la porte – dérangement des graviers libérant leur humidité nocturne – ouvrir la boîte aux lettres en bois bariolée (une œuvre collective des filles) – en sortir les quelques missives – pas d’écriture manuelle, qu’importe – introduire la clé dans la serrure – le petit clic puis ce souffle raz de l’effleurement de la porte sur les tomettes  - déposer vêtements de pluie, sacs et accessoires dans le vestiaire – confusion de chocs tintant et de cotonneux affaissements – grimper d’une traite les deux volées d’escalier jusqu’au pigeonnier -  marches élastiques sous le poids – hésiter, juste pour s’offrir une mesure pleine avant de se vider avec application – soulever le rideau écru séparant la maison de son atelier

Les velux laissaient entrer une profusion de clarté et de chaleur. Trop pour l’éveil, trop pour l’extraction du suc. Le pull over joncha le premier le sol, le jeans rejoignit le dossier d’un fauteuil dégarni, elle retira le restant rapidement, habité par la même hâte qui pousse nos corps de l'espièglerie à l'amour.

vitraux-Chagall.jpg (...)

12:43 Publié dans roman en cours | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : roman, chagall, souria, samson, peinture |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

27/03/2008

Récit sans titre - épisode 3 - Samson

C’était samedi, vers midi, aux portes de l’école. Il y a là, juste à côté, un dispensaire comme on en voit à chaque gros bourg. Samedi, un jour de vacances pour l’écolier, un jour de plombs pour les patients. J’avais espéré introspecter ces couloirs tapissés de blancs et d’icônes mariales– c’est ainsi que durant tout le voyage en bus cahotant, je me les étais imaginé - de longer les portes semi-closes, où jeter un regard, mais où l’invite se refusait à poindre. J’avais prévu de trouver un visage aux yeux brillants mais aux orbites creusés, de demi-profil, la peau du crâne exposée, la bouche entrouverte pour donner de l’air au souffle. L’épuisement lisible, la mascotte d’un drame en quelque sorte. Tchernobyl 20 ans après.

En reportage, on vient toujours bardé de sacs, de pellicules, d’appareils photographiques et d’objectifs de toutes tailles, mais bien plus encore de fantasmes. Je ne voulais pas photographier ces enfants irradiés, mais saisir l’image que j’en avais. Suivre le labyrinthe qui mènerait à ce visage que j’avais imaginé : un garçon, dix ans, tout au plus, né après, bien sûr, comme tous ces enfants. 20 ans déjà et des poussières qui n’en finissaient pas de retomber brûlant la peau, le cuir, les gènes, les descendances aussi longues que les étoiles dans le ciel, mais au visage unique, celui de cet enfant que j’allais rencontrer.

Les portes étaient closes. Le dispensaire ne rouvrait qu’à quatre heures, sauf pour les plus proches. Certains franchissaient le seuil des cabas chargés de victuailles, de fruits et de galettes. Les fichus bien serrés sur des visages ovales aux pommettes hautes et rougeaudes. Des grand-mères, des tantes, des mères, quelques hommes aussi.

Ulrik m’avait laissé un message – sans importance, il se doit juste de me tracer – et j’empruntai tout un dédale de rues et de ruelles en tentant vainement de le joindre pour l’assurer d’un envoi de chronique et d’images dans la soirée.

Je m’occupai aussi de trouver un hôtel pour la nuit car le lendemain tôt, je devais être en route pour un village un peu plus au Sud de la Biélorussie, dans la région contaminée. Je m’étais assigné ce rendez-vous avec quelques villageois indéracinables d’entre ces terres vénéneuse.

Je m’étais procuré un dosimètre que je portais sur moi en permanence. A l’aéroport de Minsk, J’avais aussi acheté de quoi boire et me nourrir sainement. Bouteilles d’eau minérale, paquet de biscottes, conserve de saucisses et fruits provenant de Russie. Dérisoire viatique pour une expédition expresse - le millième à peine de l’exposition subie par ces populations irréductibles.

J’eu l’idée de réserver un hôtel en dehors de la bourgade, plus au Sud, presque isolé. Une maison forestière qui bordait une des grandes étendues arborées traversée par la rivière Pripryat, à quelques pas de la zone contaminée. Il me fallait organiser mon transport jusque là et je trouvai un taxi en la personne d’un fournisseur qui s‘y rendait pour apporter des produit frais. Nous fixâmes 19 heures pour le départ, avec instruction de ne pas tarder afin d’arriver pour le repas du soir.

Puis, l’après-midi passant, j’ai oublié ce que j’étais venu chercher dans ce bourg. De grand’ routes en venelles je me retrouvai à mon point de départ. Il y avait là, dans la cour de l’école, une balançoire. Trois sièges en bois, des remous virevoltants, des fillettes dont une dans son anorak rouge, sans natte, sans cheveux, le crâne chauve et le rire aux dents. La tête versée en arrière. Sous l’épée du soleil d’hiver. Son corps offert, une paume, écrasée de mouvance.

En contretemps, une petite de cinq ou six ans – l’âge de Coraline - se balançait comme un coeur en chamade, chantonnant, roulis de vent sur la coque d'une voix. Ses cheveux lui coiffaient le visage, le mouvement du sang semblant battre les tempes du ciel. Pull de gros tricot, un coeur brodé sur la poitrine, une poitrine dans un coeur, chassé croisé de pieds. De son angle de vue, le monde volait d'herbe en ciel.
Une troisième petite fille, presqu’une adolescente, attendait la main posée sur le poteau, Sous l'oblique ombré des quatre montants. Son regard disait oser, enfin oser, fasciné par les mouvements obsédants, pendule d'un temps suspendu. J’eus un instant la vision de leurs ombres qui signaient "Vis" entre quatre points d'exclamation.

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Une femme encore jeune est arrivée derrière mon épaule. J’ai sursauté, je n'avais pasperçu son arrivée – son ombre traînée par le contre-jour – ni entendu son pas. Parfois l’hiver se meuble d’une atmosphère ouateuse, troublant les sens leurrés par la pureté de la luminosité. Les sons comme les odeurs acquièrent une inertie étrange. C’est peut-être pour cela que la vue soudaine de son dos me sembla une apparition onirique. Ou parce que je m’étais noyé mentalement dans le cadre du tableau qui évoluait sous mes yeux.


Un dialogue s’établit entre elle et la fillette au manteau écarlate tandis qu’elle lui enfonçait un bonnet de laine rose jusqu’aux sourcils. Un débit de parole sans précipitation où je percevais tour à tour l’amour ferme de la voix maternelle et la supplique enthousiaste de la jeune malade. Un langage universel perçant dessous la langue locale.

 


"Une dernière lancée. Encore une fois maman. Regarde-moi maman. Regarde, je vis maman, je vis ! Ici, pas de piqures, pas de mélancolie, pas de tic tac glacé d'un réveil malveillant. Pas de blouse trop blanche et de sourire peiné. Pas de promesse sucrée comme un dimanche hors-jeux. Pas de couloir sans fin, d'ascenseur mal au coeur. Pas d'odeur immobile qui chatouille le nez. Pas de tube jusqu'au ventre. Pas de crayon dessinant ton absence”


Il n’a fallu qu’un mouvement d’épaule, un glissement des lisses cheveux marron sur la droite, pour qu’apparaisse le visage de la jeune mère – 30 ans peut-être - me toisant avec curiosité mêlée de circonspection. Elle m’adressa d’emblée la parole en anglais, d’un ton digne - pressant. Elle désignait l’appareil numérique, le plus discret, celui que je tiens d’une main comme un oeil dans la paume.


“Il y a des loups dans cette contrée et tous ne portent pas fourrure. On le sait. Nos visages nous appartiennent, qu’ils soient pour vous la trace d’une catastrophe, ils sont les fruits de nos amours, la chair de nos parents.”


Le ciel s’obscurcissait, j’arguai qu’il faisait trop sombre pour de quelconques photos, que je ne visais qu’à me les dessiner avec ce contour de joies quotidiennes que nos fantasmes leur enlèvent dès qu’on les évoque.


“Il n’y a plus de joie, seulement la nervure de la joie, la chair des feuilles s’est volatilisée, nous n’avons plus que la peau sur notre chagrin, notre destin est notre squelette.”


Réplique de slave, pensais-je, tandis que la fillette, un instant désarçonnée par mon incursion dans son monde, avait repris ses envolées avec toute l’énergie vouée aux plaisirs qu’on sait bientôt finis.


“On y va” décréta sa mère - elle avait les yeux d’Elena quand elle se fâche –et elles s’éloignèrent, serrées comme une seule, fusion rude, mère louve emportant son petit par l’encolure, entre ses dents.


Je n’aurais pas dû. J’eus un moment de victoire, une réjouissance rebelle : j’avais la photo, celle des trois fillettes dans le mouvement de la vie, sans distinction de destin, cette gaieté nue. J’avais aussi, maintenant, la silhouette siamoise de cette mère et sa fille, se retirant entre les bras du crépuscule. Deux clichés et tout un monde qui murmurait derrière. Une chronique et un article pour ce soir.


Il ne me restait plus qu’à presser le pas, un crochet par la consigne de la gare pour retirer mon sac, filer rejoindre mon chauffeur. Ce soir, je pourrais border la forêt de mon regard, univers de bêtes farouches et d’indistincts périls.

 

*

 

Photo : http://www.flickr.com/photos/steeven-eleven/494230552/

09:47 Publié dans roman en cours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biélorussie - tchernobyl -roman |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |