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14/02/2006

Riz et rizière


Tu m’as dit pars
n’oublie pas
ton paletot de ruines
et quelques chimères pour la soif

Regarde
là, dis-tu, un oiseau éclora
pour refermer ton pas
veiller sur l’agencement indemne des plaies
le surfilage des croix

Reviens, attends
il nous faut encore
cette décrue d’horizons
ce désancrage des rires
comme ultime tribut
pour la foi

Ils te diront entre
agenouille ton nom
échancre ta lèvre
puis rapièce ta paupière
après ta seule larme
remboursée

Ils te pousseront dans l’antre
déshabillé des fées
sommeront danse
crudité d’un pourpoint herbeux
d’une colline abasourdie d’astres
en déserrance

tu tournoieras, enfant
tu tournoieras
plus vite quand délesté de sifflets,
de fanfreluches et peluches
de joies soudaines
les mains aux hanses offert
pour un cérémonial solitaire

Je te chanterai
rassemble-toi enfant
et je naîtrai
riz et rizière

16:45 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

06/02/2006

J'ai tu janvier

j’ai tu janvier
ses vert-de-gris et saumures d’âme
à perte de vie ses champs
de courtes oraisons

tant pèse le froid sur l’épaule
et nos discours gauchis de misères minuscules
alors qu’on se surprend à pister
les ombre effritées des arbres
ou leur nudité précise
figeant les heures dépolies

encore un jour en boule
vous mes enfants vos chairs tièdes
vos mains lourdes aux draps
l’écho du duvet remué
je dis tendresse ces vestiges de rêves
sur l’oreiller

puis s’en aller
prisonnière de matins nocturnes
de retrouvailles frileuses
à la vesprée

ou alors suffoquée
par la lumière délivrée soudain
des vapes d’eaux opaques
stagnant à hauteur de cri

janvier m’a tue
tu oublieras mon tintement, ami lointain
un jour tu traverseras janvier
un oiseau tremblotant sur le doigt
et son envol seul
aura l’orbe de mon visage


mais là
à l’entre-deux de hameaux
nappes servie de givre
je stoppe claire la voiture
sur la peau rugueuse des labours
deux hérons cendrés
transgressent pour moi seule
l’allégeance tristesse

pour tant de joie
non, je ne dis rien
pas encore

12:55 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poésie, souffle, hiver |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |