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07/07/2008

L'âne vert

 

Je partage avec Chagall l'amour des ânes. Il les peint verts, rouges, bleus. Avec des mains, ou violonnant. Souvent volant.  Parmi les couples enlacés d'une manière qui reflète l'amour en liesse. Ils volent eux aussi. Avec les fleurs, les poules et les lunes.

Je partage avec Chagall cet amour des histoires bibliques. Qu'il illustra abondamment. J'aime qu'il invite toutes les couleurs que les formes se déforment pour ajouter à l'espace la dimension autrement invisible.

 J'aime les ânes qui portent les futurs aveugles illuminés, qui portent le prophète Mohamet en ascension, la gloire du Christ ou sa naissance à venir.

Ils sont nombreux dans les histoires. Et ils n'ont pas fini de croiser nos routes et d'augmenter nos regards.

 Voici un texte écrit il y a déjà quelques années et que j'avais envie de poster ce matin :

*****

« Décembre : un âne brouta distraitement un rêve égaré dans une touffe de chardons puis s’éloigna, serein, sur le chemin des hommes…..

Ainsi, tout rentra dans l’ordre. » Mimy Kinet , Epilogue **

chagall-marc-blauer-zirkus-9700167.jpg

~ L’âne vert ~

A dos de lumière,

J’élucide l’ombre

Je vais l’amble

poussant mon âme cahin caha

*

Au puits sucré de la tendresse,

La poulie déroule son arpège avide

J’y puise

Des pluies récoltées

à même les rides de joies

*

Je continue à pas de vert,

Sur l’angle aigu du violon ailé

A jouer d’espérance accrue

*

Et je souffle d’incessantes couleurs

Sur les corps

En arabesques tressées

L’écho s’inverse

*

Aux roses parcheminées

De mon nom

Quand Tes lèvres m’enfantent

Je vais au bout de l’aveuglante poussière

D’un chemin de Damas

*

Nos pas teintent

l’angélus

S’oublient nus

Les rameaux de baisers

À l’orée du village

*

Et je m’envole

Sous tes sabots gravant

Des sourires aux rochers

09:56 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : chagall, âne, bible, couleurs |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

16/06/2008

Vannier

 

Struggle for light

vannier


bouche bée
le panier tressé
de brins
si fins
de ton ombre


ma disparue


et ton ombre
déroulée
en natte
à même
la lumière


ma retrouvée

 

(in "A corps et à cris" )

14:47 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

13/06/2007

spectre d'une réunion annoncée

on comprend qu’il a mal
parce qu’il fait peu de bruit avec sa bouche
et que ses gestes
si minuscules malgré ses doigts sans amarres
n’ont que des cercles à donner
en pâture aux questions

on comprend qu’il retienne
toute l’attention sur cette miette
alourdissant la table de sa présence
inerte
il ne la chasse pas d’un revers de main
ni d’un souffle distrait
ni même d’un soupir caverneux
parce que sans la miette
il devrait relever ce regard vers le nôtre
et s’affronter

on comprend qu’il dise des mots
qui sont des paravents pour les angoisses
surtout les nôtres
il ne sait pas quoi faire de nos gentillesses
nos convenances, nos empêtrements de formules et
de souhaits compassés
et ne veut pas nous sauver de nos naufrages
nos noyades, c’est un peu de colère qui vient distraire
l’invivable

hier ton fils s’est craché en moto
il ne marchera plus
il était pour moi comme un dessin sans bord
formé par des éclaboussures d’allusions
et aujourd'hui ta peine imaginée
-si c’était les miennes…-
d’être ce parent d’un fils en souffrance
et d’un fils bientôt
à roulettes

hier, je me réjouissais de te partager mes cerises
aujourd’hui, la passoire vide penche
dérisoire,
vers l’évier nettoyé.

10:56 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : poésie, littérature |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |