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05/03/2009

bourrasque

Bourrasques



pour qu’ils refluent
ces feux terrifiés
dans l’ombre crasseuse d’une paume en labeur
caresse soudain éteinte sous la lanterne du soir


et pour qu’étincellent
ces ricochets fusain
dans la suie lasse de l’œil extatique


combien de splendeurs habillent ce ciel moissonné
par le limon de ta bouche
dressée orante soufflée


cierge à murmures
vacillement gracile
mastication longue de semences
qui tollit peccatum mundi ?


combien de louanges ensuite
resserrant le poids de la lumière
sur l’orbe de tes reins ?


tandis qu’en aparté
ta main découvre émue
sa nature de plume

 

 

Extrait de "Dans ta bouche mangée de souffles", inédit

17:46 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : souffle, prière, lumière, bougie, splendeur, semence |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

02/03/2009

je suis Calice et tu es cette lèvre

Coeur - Heart

je suis Calice et tu es cette lèvre
je loge dans l’espace à charge d’avaloir de pas
au cercle des douze ailes
dont les rayons colorient le vide
comme terrassement pour la fête
de ton nom

j’habite tous ces horizons
cousus sur l’interne de mon coeur
éclaboussée de chaque tambourinage
- et son rythme et la valve -
propulsant l’ombre enduite contre l’écorce affamée
de lumières solides

je pense ma chair ses chaleurs
cette brassée de liesses
la parole de toi
je pense d’une largeur d’aisselles à aines

j’habite cette étendue
- spires légères puis denses -
par leurs ventres contorsionnés
par leurs bans de chairs pavides
par tous leurs pores
musent nos noms à venir

je pense ma langue au tendre de mes dents
lanière utile au vent quand souffler
est devenu une manière de déplacer le monde
et de mouvoir la vie en son centre
vers les pôles humides
de nos naissances

13:05 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : calice, coeur, naissance, sang, lumière, nom |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

24/02/2009

Qui me rompra encore

je ne sais rien
la dorure des livres, peut-être
sur leur tranche qui aiguise mes doigts
- fioriture-

je ne sais rien
que l’or sur les lèvres d’icône
au matin froid d’une pierre romane
superbe dans sa courbure de vieille femme
et moi priant la bouche tout contre les moellons
moi mon épiderme hurlant dans les nervures du granit

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je ne sais rien
enfant avant la lettre, bambin tiré à quatre étoiles
je ne sais que ton nom, peut-être
et la lumière avalée par le dallage
à l’arrière de mes pas
je ne sais plus – ai-je su – la litanie de tes amis
ton histoire tressée de signes
et tous tes gouffres où le cœur
tombe en torche
éclairant –enfin –
les angles morts de nos visages

je ne sais que mes jours et l’incertain
le désir minuté
la voie sourde des fleurs
encore sous la terre

je suis une vasque qui ignore son vin
une écorce de pain avide de la dent
qui le rompra encore
je suis lèvre scellée d’un baiser à venir
lourde d’enfants abstraits des caresses de leur mère
levain resté en rade à l’aune du pétrin

 

 

Photographie : Maniguette (Christiane de Rémont)

10:32 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, pain, vin, or |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |