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23/03/2006

Les laves de nos enfances

Il arrachait les peaux des lits
du sang perdus du rouge pour désaltérer
les cils et les feuillages des livres
tant d'yeux
qui charrient les laves de nos enfances
nos lectures d'anges
noyés sous les couvertures
avalant la lampe de poche
pour jouer à manger autant de lumière
que s'écoule de nuit



tu les relies
mains à mains, pieds à pieds
nombrils à nombrils
en lecture arrière
le vent au plexus
la prière aux omoplates
la brisure dans la main gauche
et dans la main droite
repliée sous l'or des souvenirs

tu exprimes le sable
l'éclaire en cristaux d'empreintes
tu soignes les cristallins
sertis de mines colorées
de crayons sans dessins
encore

tu reviens à l'aube des marbres
et des jonc tressés
en berceaux en chandelles
allumés sur ton front

tant de rouges et tant d'offrandes
tant que trop
que tellement

aimer, c'est si peu
pourtant
avouer simple et vert
son éternité.

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21/03/2006

[Chants de chevet]


[Chants de chevet]

quels que soient les masques outre-mer
les replis de cernes ou nuées de jouissance
sous les paupières
on datait l’ancienneté des arrivants
à la résurgence de leur accent
au morcellement métronomique
de la texture lustrée de leur voix

c’était à force de conciliabules agiles
de paroles élimées sur tant et tant de visages
ciselées par autant d’yeux
que d’hôtes assis en une vie de tablée
que leur modulation vocale s’était autrefois unifiée,
harmonisée puis
déshormonisé

de femme ou d’homme, plus de nuance
le bonjour, le bonsoir, le merci après vous
le couci et couça
et s’il vous plaît donc autant pour moi
les badinages auto métro tram bus
tout sonnait alors
d’une note égale
subtile
et presque radiophonique

mais arrivé ici
ici,
à l’escale du plus vivre
au seuil du disparaître
à l’endroit du non lieu
les bouffées de paysage les vagues de frondaisons
les effluves de tourbes et forêts brugheliennes
les haleines de larges
rouillaient la gorge
avant que la soif

extripaient le flamboyant
des ventres
les lumières ouvragées
les couleurs à gogo, les kaléïdoscopes sonores
(chants de chevet, de nuit, à déjeuner,
de travail,
d’honneur, d’hôte ou d’orientation)
et les blés fracassés de soleil, les mémoires de cloche-pieds
et marelles
les sentiments excavés et comblés
et tous les rêves
et tous
les
rêves
et
tous

à tresser à gémir à maudire
à aimer
enfin nuement aimer
enfin
tant et tant
et tant encore que l’on éclatait enfin
la bogue molle où sommeillaient nos langues

et prononcions l’alphabet unique
de nos cendres.

Extrait des “fantômes de l’infini peu” (il faudra qu'un jour je vous mette els autres textes du recueil)



Clepsydre

Clepsydre

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13/03/2006

J'ai mère

j’ai mère

que vous sachiez sa mine
ses airs rafistolés aux ailes
j’ai mère pour cent ans et toute ma descendance
et tant de mères avant
 
ragez la vive, j’ai mère
je disloque mes nuages sur un piton fileux
je nais souvent
ça fait un mal immense
presqu’une délivrance
et tout est dans le presque
 
un bulbe grossit mon poing
de sève à racine
je jouis j’ai mère
insollicitude des eaux
giron troué et sourd
j’ai mère à longueur de journée
 
parfois je surfile l’heure
de ses baisers cerises
de l’enfance avouée
de papilles de livres
et papillons sucrés
de coquillages et billes
d’inconsistantes beautés
 
j’ai filles. 
 
 
 Clepsydre
 
 
 
 
 


* "Ma mère chevauche les forêts
elle imite
le cri du hibou
elle s'habille de feuilles
et de plumes

Lorsqu'elle passe
devant ma fenêtre
le paysage chavire

Anise Koltz "

 

 

 

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