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14/02/2006

Un texte pour l'amour

Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J'ai désiré m'asseoir à son ombre, Et son fruit est doux à mon palais.
Il m'a fait entrer dans la maison du vin; Et la bannière qu'il déploie sur moi, c'est l'amour.
Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, Fortifiez-moi avec des pommes; Car je suis malade d'amour.
Que sa main gauche soit sous ma tête, Et que sa droite m'embrasse! -

(...)

Mon bien-aimé parle et me dit: Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens!
Car voici, l'hiver est passé; La pluie a cessé, elle s'en est allée.
Les fleurs paraissent sur la terre, Le temps de chanter est arrivé, Et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.
Le figuier embaume ses fruits, Et les vignes en fleur exhalent leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens!
Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, Qui te caches dans les parois escarpées, Fais-moi voir ta figure, Fais-moi entendre ta voix; Car ta voix est douce, et ta figure est agréable.
Prenez-nous les renards, Les petits renards qui ravagent les vignes; Car nos vignes sont en fleur.

Le cantique des cantiques


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30/01/2006

Emmanuelle Urien : des recueils comme s'il en pleuvait

En général, on découvre les auteurs bien après qu'ils aient été reconnus. En tout cas moi, je fais rarement patie des découvreurs de talents. Bien que... j'ai déjà fréquenté moult talents, mais peu qui se décident déjà à publier, c'est bien dommage.

Enfin soit, Emmanuelle Urien, sans mauvais jeu de mots, ce n'est pas rien. C'est un bout de bonne femme, plus jeune que moi, à m'en fiche des complexes et particulièrement douée dans l'art de la Nouvelle, avec un style vif, rythmé, noir souvent, une voix, de l'humour et des histoires qui se gravent illico dans la mémoire.

J'avais commencé à la lire sur Pleut-il (http://pleutil.net/auteurs/emmanuelleurien  ) et sur Francopolis (où j'ai collaboré), je savais qu'elle avait été remarquée à la Fureur de Lire, concours belge de nouvelles, bref, mais voila que ça s'emballe pour elle ! Et je m'en félicite pour elle!

Elle vient et va publier deux recueils un Court, noir, sans sucre aux éditions l'Etre Minuscule et l'autre Toute humanité mise à part aux éditions Quadrature.

Son site vous donnera aussi un aperçu de la plume et de son art d'inciser le papier : http://www.emmanuelle-urien.org

Lisez-là, ça ne vaut franchement le poids d'euro qui déforme votre poche de pantalon ! Une écriture qui ose explorer les circonvolutions des nos esprits, de nos chairs et de nos destins. Des personnages pas toujours là pour être sympathiques mais toujours pour éveiller en nous le plaisir de voir au travers de leurs regards... et de jouir d'histoires bien balancées.

Clepsydre

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24/01/2006

Chant de l'intime vie d'Emily Dickinson

J'ai découvert un site qui reprend les poésies complètes d'Emily Dickinson en anglais (http://www.bartleby.com/113/) Ca m'a donné envie de piocher l'un ou l'autre texte et de les traduire comme je pouvais (Life, 1924). J'y découvre un chant de l'intime d'une âme inquiète et délicate. Ca donne envie d'aller davantage encore à sa rencontre. Qu'on soit indulgent pour le résultat et signalez-moi tout contre-sens, que je corrige.

 

 

 

PAIN has an element of blank; 

It cannot recollect

when it began, or if there were

A day when it was not. 

  

It has no future but itself,     

Its infinite realms contain 

Its past, enlightened to perceive 

New periods of pain

 
La DOULEUR a une part de vide
On ne peut se souvenir
Quand elle a commencé, ou s'il y avait
un jour où elle n'était pas.
 
Elle n'a aucun avenir sinon elle-même
ses royaumes infinis contiennent son passé,
éclairé pour percevoir
de nouvelles périodes de douleur
 
 

-

 

THE HEART asks pleasure first, 

And then, excuse from pain; 

And then, those little anodynes 

That deaden suffering; 

  

And then, to go to sleep;

And then, if it should be 

The will of its Inquisitor, 

The liberty to die.

 

Le COEUR demande le plaisir d’abord

Puis une excuse pour la douleur

Puis ces petits riens

Qui amortissent la souffrance

 

Puis, demande d’aller dormir,

Puis, si son Inquisiteur

Y consent

La liberté de mourir

 

*

 

THE SOUL unto itself 

Is an imperial friend,— 

Or the most agonizing spy 

An enemy could send. 

  

Secure against its own,

No treason it can fear; 

Itself its sovereign, of itself 

The soul should stand in awe.

 
L'ÂME à elle-même
est une amie impériale, -
ou l'espion le plus atroce
qu’un ennemi pourrait envoyer.
 
A l’abri d’elle-même,
aucune trahison à craindre,
Etant son propre souverain, d’elle seule
l'âme devrait se tenir dans la crainte.

*

Mon préféré:

A DOOR just opened on a street— 

  I, lost, was passing by— 

An instant’s width of warmth disclosed, 

  And wealth, and company. 

  

The door as sudden shut, and I,

  I, lost, was passing by,— 

Lost doubly, but by contrast most, 

  Enlightening misery.

 
 
 

Une porte s’est ouverte sur la rue –

Et moi qui passait par là, perdue -

Découvrit l’épaisseur d’un instant

Chaleur, et richesse et compagnie

 

La porte soudain refermée et moi -

Moi, qui passait par là, perdue,

Doublement perdue, tant ce contraste

Mis en lumière ma détresse

Clepsydre

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