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22/02/2010

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 6 : Largo)

Sixième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :
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Sixième mouvement : Largo



viendra l’heure de t’ouvrir ce jardin, il nous ouvrira, tendus le regard extasié, mydriase puis délice, l’heure où nous jardinerons le corps mat des sentes, les méandres surtout, les appuis pour les boues renouées
viendra l’offrande à l’ouverture, contre la déliquescence apprêtée des ténèbres, l’adieu cendreux des orées et ce mystérieux mystère des houilles blanchies de roses ou de leur fantôme de rosée
viendra le voile tiré sur l’ecchymose d’une nuit – la première – le ventre né du grand azur, l’aube dit-on et son cortège d’oiseaux crachés sur les visages, viendra l’heure

où tu t’évaseras,
où mon écueil dans ton accueil,
où l’ample bras
lavera toutes mes saisons d’énigmes
où muserons les ramées
écorces nues au matin
d’un fût tremblé

souffle vierge et vaste il nous fendra, bogues abouchées, brossés de brous, d’une seule étreinte,
si révélant, à la ravaude, d’embruns brasiers filtrant l’ébriété nouvelle des branches
et revenus nous étrennerons nos neuves mains sur nos aplats de muscles puis sur ces épaules dévastées d’ailes

si pâles sous l’or
une feuille pour langue
une branche pour membre
un ébrouement pour qu’y
surgisse le feu tremblé

04/02/2010

Branche d'acacia brassée par le vent. Cinquième mouvement : Andante cantabile

Cinquième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"



Cinquième mouvement : Andante cantabile





Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :


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photo 4523 - sur une série photographique de Pierre Gaudu
http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967248463/

http://pierre-gaudu.over-blog.com/album-1403590.html







alors, je chante parmi les éclaboussures de blancheur, puis j’élague ma voix, ma phalange soulevée pour, vague à toi, pour d’un frémissement, filer la frange gracile d’une branche saisie et respirée

alors, toute chantée j’erre, sel aux yeux, pour légère qu’est la fâcherie entre sa vague et nos soifs, d’un balancement anisé, toute chantée j’offre de ma voix le comble et m’élève, d’une phalange à peine

alors, oui, tout m’enchante car qu’est-ce sinon un frémissement, le farouche d’un nœud qui s’affaisse au gré du frais - noce de soir – la foudre semée en rond dans l’oh d’émerveillement, si ma phalange abrège le va et vient sonore


incantée comme bercée
oui j’ébroue la vocalise
souffle fou affrété
où prend proue dans mon ventre
appétence puis
brusquement
affalée sous
le dôme bruissant des cimes
envoûtemento


branches, elles ont su prononcer, avec quelle élégance, l’hélice du vertige, l’affamé des rafales, la naissance du peu, au vibrato ma peau

feuilles, de jeune runes sériées au puits fauve de mes paumes, prononcées dans le trouble d’un air de lèvres émues

nervures, stances commises par mille, car myriade est leur force, dans mes joues désculpter le squelette du souffle



on dit des sortilèges
l’heur d’être évanescent
on dit leur vapeur d’elles
leur si infime humeur
mais cette mélodie-là
étrangle la tristesse
à la première voyelle

12/01/2010

Branche d'acacia brassée par le vent (mouvement 4 : Menuet)

 

Quatrième mouvement : Menuet

 

 

Quatrième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"

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http://www.flickr.com/photos/pierregaudu/sets/72157620967...

 

 

ainsi suspendus, faut-il qu’il nous arrime, ainsi – syncope et tombé d’heure - nous prélevions la dîme du présent, le contretemps du vivre, ainsi qu’en laps d’absence,


ainsi tels qu’en suspens, tellement tu sais, tellement sur le tendre, membrane du plexus contre-arquée à la gorge, ainsi est la balance, est-ce jeu, est-ce sens ?


ainsi dans le partir, ainsi dans le revenir, ainsi sans plus de bruit, feutrine de glotte, tamis d’éther, ensablement d’ouïe, dans le jaillir d’une flèche, puis dans son repentir,


ainsi par le surprendre, affrétés au mystère, l’énigme d’une saccade au rythme d’un saccage, et la texture interne des gorges qui s’enlisent,

 

Ainsi on vit, et ainsi saisis, et ainsi chéris

 

c’est à ne plus entendre
dans l’éblouissement des tempes
c’est à ne plus comprendre
le poussé des larmes dessous la peau
quand vient ce feu des formes
l’onde – la Grâce – écoulée
par nos ébauches
de tendresse

 

car la branche imperturbable s’anime – silencieusement – nous décharge de nos pesants de jours


la branche impérieuse anime en nous – saisissement – les puisants de trous, les épuisés de trêves, les trouvés de patience,


branche mouvementée anime, émue de dolence puis de fièvre, l’effusion du frêle puis du flambé des feuilles,

 

elle n’est qu’
une
égratignure sur la
pupille
elle s’enfle et
nous éparpille