25/07/2014
Exode
Exode
cette fois l’aube ne conjurait plus
aucun seuil
ni l’achoppement du dehors
il dégouttait des brumes des perles assourdies
de silence
fluide languissant
parfois tonnait le vent
et le monde tournait si lentement
si doucement
si ombrageusement sévère
dans sa robe de printemps regretté
que l’on se prenait à revivre les neiges
fines et bleutées d’allégresse
délicatement imperturbablement
désirées
aux matins
venus pour nous ravir
souvent défiées
par des pas boueux
que les soldats laissaient
comme signatures
aux marges de flaques écarlates
quelques soupirs encore
viciaient l’air
des derniers arrivants
des mannes de vieilles fripes
mouillées
si long au bout du bras
si lourd
l’ombre les précédait toujours
et le sang, figé, ne battait plus
qu’un rythme assourdi
de tambours écorchés
et parfois,
l’un
fragile ultimement
la peau craquant sous le sel de la peur
déclamait en dedans
les mots de l’agonie
gravé sur leur échine
l’équerre des maisons
tranchées sur le lait du ciel
leur patience éclatante,
d’orantes abandonnées
14:46 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exode, guerre, poésie, florence noël |
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