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23/07/2014

la guerre hantait nos premières paroles

 

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Quel que soit le voyage

on emportait avec nous la voussure du ciel

et les eaux du dessous

cosmos échoué

dans un dessin d’enfant

 

l’arche d’alliance se déclinait

par l’inflexion d’un détail

sur la bouche épuisée

d’incompréhension

 

nos mains innovaient le vide

où se jetaient tous les ruts hennissants

nos ventres disparaissaient dans le serrement

d’une justice affamée

nous déglutissions la peur avec la foi

 

je le savais désormais

il serait imprudent de croire seuls en l’autre rive de Dieu

en cette étendue de plaisir

puis à tous ces anges rassasiés

face à la mémoire des pauvres

solidifiée d’un poing

contre leur bouche

 

la guerre hantait nos premières paroles

et à son approche

les seuils de nos maisons balbutiaient

dans des langues fourbues assoiffées

délestaient leur gorge des déserts

et l’attente

foisonnait dans leur pas

 

nous échangions des nuits

sonnantes et trébuchantes

pour de maigres boissons

bues dans des syllabes ouvertes résineuses

un peu croquantes comme ce sel

sous nos pieds

 

et leurs rides en captaient les ondes

et l’âge du monde n’importait plus

 

alors l’espérance

changeait d’heure

et de maison

           

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