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03/05/2014

dans les clous

ces nuits où
les corps expriment le vague
d'échouage cru déglutit essoré
ces nuits où la douleur
aiguise sa morne
danse




sur le rivage de l'aube
soudain baigné de blancheur
s'endormir le coeur poisseux
pour s'éveiller mort
- j'arrête je ne veux pas vous tuer a-t-il dit
le nez dans son rapport -
l'âme
en berne

 

 *

 


 

pouvoir de froisser
un corps le segmenter
réformer l'aile son angle
d'un coup de bic scarifier
le verbe aspirer
l'expire
pouvoir petit crispé
d'un mot d'un seul violence
légère, silence en sentinelle
un voile de lèvres
un plomb dans l'oeil
fouloir à poisser
l'or


 *

 

circulez quand le parallélépipède
dérange
au centre vous faites bien
de circulez entre les âmes
les paroles les corps dérangés
des enfants
circulez car il faut imposer
la présence dans l'interstice
hostile ou égaré
dominez le parterre
ne pas céder
de terrain circulez
bien

*

 

on trait la douleur lait rance
mais bu à petits traits
on trait l'heure inéluctable
on dévide tous ses fils ses
retors,
on effiloche, on recoud
lacrimalement on ravaude
on écope on meugle
dans son poing
l'infertilité spirituelle
des formes

 

*

 

comment voulez-vous
que je sache moi si vous
vous ne dites pas
ce qu'eux
eux doivent écrire
écrivez pour moi
moi ce que vous
vous voulez qu'eux
eux écrivent
pour que je sache
je
si vous faites bien
comme il se doit
qu'ils font bien
ce qu'il se doit
dites-moi quoi
dites-moi

 

*

 

faut les ranger les classer les
noter les informer de vos
intentions vos critères pas
les perdre jamais
d'hésitation, de bifurcation
tout prévoir donc tout
éviter surtout pas d'éclats
de vie
mâter les révoltes action
réaction inaction
réaction immédiate
transmettre dans
les clous dans les mains
transfusion
sans guigne

*

 

- faut vous ranger, annoncer, exécuter, vérifier, intégrer, rassurer

- dites-moi sur l'échelle où jusqu'où quel pas franchir pas tomber flotter, monter survoler, dites-moi jusqu'où les élever, dites-moi pourquoi toujours ce mètre ruban autour de mon cou, autour de leur cour, pas serrer, j'ai un noeud là, ne dites rien, en fait, rien

- soyez moins coulant, soyez sec, rivière au revers, pas de source, pas de larmes d'enfants, pas d'éponge, on ne peut rien faire, ça nous dépasse, juste millimétrer ce qu'il y a dessous, dans le parallélépipède, et surtout, surtout bien respecter les rangs, aimer les rangs, serrer les rangs, eux, nous, eux petits, ordonnés, faire comme on dit, nous présavoir tout, pas de possibilité de trouble, de rire, de danger, s'aventurer, inutile, ça nous dépasse. faut vous ranger, vous classer, faut, faut, faut.
envoyez-moi cela le plus vite possible
que je fasse mon rapport le plus vite
possible
c'est pour vous
vous
ça vous servira

19:44 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

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