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22/08/2012

Réflexion sur le mouvement : Ne serions-nous qu'une histoire de danse ?

Pourquoi faut-il des muses ? Ces murmures habités, ces habitants fluant du souffle qui ne disent rien sinon combien vif est le verbe et son mouvement et son alliance secrète autant que complète avec les corps.

 

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Alors avec Michel Serres dans Musique, dansons avec Polymnie et Terpsichore. Car nos mouvements sont femelles. Dansla saccade, miroir mortifère des pantomimes, comme dans l'invention de notre épaisseur réelle par la danse. Encore un livre acheté par impulsion, qui est l'autre nom d'une chronique d'une synchronicité annoncée. Car voici que ces textes miens que j'intercale dans les citations de Serres, préexistaient dans mes papiers. C'est en relisant ce passage de Serres que les connexions se sont faites. Comme un écho qui précède le jet de pierre. (c'est là que réside l'espérance, dans ces moments-là précisément).




 

 

"Placé en vis-à-vis de tout, le corps de Polymnie polycopie les êtres et les autres, contrefait, mieux encore, devient toute chose du Monde :  en guette les signes pour les reproduire.(...) Celle qui, docile, accompagne, docile, imite, docile, reprodit, réplique, et docile, enchpaine et répète. Fait, refait, contrefait : un, deux, trois pieds" "Rien n'existe sans le rythme" s'enorgueillit-elle"....

 

 

 

J’étais debout parmi ces os

 ruse usée, toute lue

 symphonie d’indignité

 

tout le rugueux  soûlait

ce qui infiniment s’épanche

de cette très vieille blessure

de hanche et d’ivresse

 

j’étais imprimée

sur le revers de la danse

conçue comme une

cadence d’infirme

 un clou fêlé

 

et voici que s’écroulaient

les glorias

en soubresauts

les laudate

en spasmes

les exultet

convulsaient

 

ce rythme décousu de

mes jointures

asphyxié sous mes pieds

écartelé entre mes sens

pantomime singé

miroir reflété

j’égotais

 

danse, course, avignon, théâtre

La course ou la vie, Avignon, juillet 2012,
pas de reproduction sans accord de l'auteur Florence Noël

Mais vient Terpsichore, la souple : "elle ne reproduit plus rien, comme sa soeur, nous dit Michel Serres, mais découvre le corps, et l'invente, humain. La danse le lance, en effet, vers des positions, mouvements, torsions, tensions, sauts et gestes improbables, inattendus et nouveaux, que ni la marche, ni la course, ni la chasse, ni aucune des fonctions vitales ne nécessiteraient. En la libérant, captive de sa prison native, Terpsichore crée une vie émergente (...). la danse invente le corps humain parce qu'elle lui donne l'adaptabilité. Elle lui permet d'aller dans tous les sens. La Musique onventera le langage parce qu'elle aussi va dans tous les sens, au sens de la sgnification"

Oui, mais... d'où vient en nous ce désarrimage  à la simple réplication, pour s'éloigner vers le large inconnu de l'invention? De la recréation et in fine, de la réelle incarnation dans nos corps? Des liens, toujours, le mouvement naît de cette tension vers l'extérieur, le corps existe parce qu'il est la réponse à un geste qu'on nous offre. La peau se tisse car on la caresse, la silhouette se sculpte parce qu'on l'attend, c'est ceux qui nous parlent qui nous "figurent"...

 

 

 

et maintenant que j’ai des ailes

-          d’ici, vos visages infusés de mélisse et de menthe

me tendrent comme la coupe

incline le vin doux -

et maintenant qu’on ma ailée

vos bras, amis, vos sourires,

quelle solitude effilée par mes lèvres

 

y résistera ?

 

maintenant je vais voler sur l’arête des

ombres, fendre la terre bourrelée par

l’humus noir cogitation

de merveilles

et mon ventre sera jardin des

âmes, patience des

rives, jades à

sucer

 

vous m’avez profilée

de désirs, de défis, de délices

ainsi plus haute sera la flamme

et verte la rétine

qui en conservera la danse

 

 

Et l'intime danse, celle d'Erato, enfin, celle qui fait vivre plus qu'un corps, mais deux corps qui croisent dans les mêmes eaux, dans les mêmes "hauts". Comme ce très vieux texte, à sa manière bancale, le chante encore, le danse peut-être.

 

 

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Ce qui danse dessous le pont

pas de reproduction sans accord de l'auteur Florence Noël

 



Par ton Souffle

 

 

 

Frappe le grésil tambour des tempes. Ta voix éveille mon songe, puissant Ange du Nord. Profonde gorge d'où suinte le miel d'une fêlure. De tes ailes acérées, tu tranches, délicat, mes raisons de vivre, les oiseaux de champagnes écumant mes ivresses d'âme. Ternis ma trop simple fontaine. Sous ta grâce j'expire en phrases si fraîches.

 

 

 

Cueillie en somme, je m'étire. Panthère des fleuves presque inertes. Mes coussinets signent le rugueux de la Terre. Découvrir l'étrange chose, aller caresser les racines des rocs, aux abîmes des volcans gelés. Plonger dessous les carcasses de glaciers. Se laisser mordre l'écru de la peau par des monstres tectoniques. Des lames avides et froides. Se donner à la portée parfaite d'une vague d'harmonie. Se laisser engloutir dans les couvertures venteuses des monts rêvés. Déglutir la lie du sol, laper la lave des boueuses merveilles, se couvrir du limon des vins doux et brûlants. Sans reprendre son souffle, descendre s'étendre au lit suave du monde.

 

 

 

Des violons rapides aiguisent mes danses animales. Danser, danser. Ne serions-nous qu'une histoire de danse ? Un grand rond félin  d'antre exhumé nidifie en moi. Ecarlate, une source jaillit, au confluent de nos coulées de rages. Une source vivace, légère, une vapeur d'aimer.

 

 

 

Et les grottes résonnent d'anciens carnages, ondoient d'images de guerre volées aux aigles pourfendeurs, aux vrilles exquises des sens, deviennent béances, clairières apaisantes où viendront demain boire ensemble la gazelle et la louve.

 

 

 

 

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