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08/04/2010

noli me tangere

main suspend ton geste

ô mon amie rappelle tes oiseaux gantés

de fièvre

mon corps encore est ténu

fétu troué de la transparence de l’aube

que tous diront nouvelle

mon épaule encore brûlerait de l'odeur verte

de tout ce qui transperce la terre leurs cris

et fermenta dans le sillage de mon calvaire


mon corps à peine réparé de leurs outrages

ne me touche pas

moi qui n'ai fait que la moitié du chemin

 

 

tu as couru vers le cercle d’ombre

les doigts agrippant avec les graminées

le suc de mes cheveux tordu jusqu’au suint

du sang inique

tu as torché tes pleurs tactiles

parmi les herbes hautes jusqu’à la roche

creusée en ton chagrin

toi seule fut la course et le vide et le feu

 

 

mais je n’y suis plus

moi qui te parle d’une bouche rapportée

de la blancheur des cimes

dans la blancheur des crimes

essorés sous la grande nuit

de mon silence

 

 

ne me touche pas de tes doigts

de parfumeuse, de lieuse de foins

de joueuse de hanche,

de buveuse d’amour,

o mon amie,

éloigne tes doigts graciles fleuris

de tiédeur

torrentueux doigtés de chair

quand je cherche juste

la condition infime du passage

à la bordure de tes yeux

justifiant jusqu’à l’explosion sucrée

de ce matin

tout entier tendu entre tes ongles

et ma face bruissante

de rosée.

 

 

GIOTTO_BIS._jpeg.jpg

 

 

 

 

23:18 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : pâques, noli me tangere, marie madeleine, main, matin |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Ce texte m'a beaucoup plu. Il m'arrête et sa phrase : "la condition infime du passage" me semble contenir l'exact du passage sur terre. Le ici et déjà là-bas du poème me touche énormément, comme une respiration déjà là et à atteindre. Très beau poème Flo,vivant, au plus haut de l'amour.

Écrit par : Ile E. | 09/04/2010

Merci Ile, les textes ne nous disent pas toujours d'où et comment ils viennent, j'ai été un peu scribe sur celui-là.

Comment vas-tu?

Écrit par : florence Noël | 09/04/2010

Parfois on découvre bien après l'avoir écrit, ce que le poème savait déjà de nous ! Cela m'est souvent arrivé.
Je vais bien, merci Flo. De plus en plus sauvage au monde et de plus en plus présente à la vie et à l'écriture (ce qui pour moi est la même chose !).

Écrit par : Ile E. | 09/04/2010

quête "à la bordure" même du bord

amitiés à vous deux Florence et Ile

Écrit par : colette | 12/04/2010

Amitié à toi Colette,

Merci de ton passage...

Écrit par : florence Noël | 13/04/2010

On sait de la part de qui et à qui s'adressait ce "ne me touche pas". Et je me suis toujours interrogé si cet insistant noli me tangere ne prouvait pas justement jusqu'à quel point auparavant Marie Madeleine était proche "physiquement" de Jésus. Peut-être ton beau poème, Flo, est-il une réponse possible.

Écrit par : Serge | 17/04/2010

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