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25/12/2009

branche d'acacia brassée par le vent : mouvement 2 -Sarabande

Deuxième de 8 mouvements écrits sur une série photographique de Pierre Gaudu "branche d'acacia brassée par le vent"





Deuxième mouvement : Sarabande

 

Branche d'acacia brassée par le vent. Photographie Pierre Gaudu :



c’est là : le bougé du texte, le flouté du dire que peint la feuille parmi ses sœurs et chacune liée à la souplesse de la branche, chacune et toutes ensemble dessinant le verbe, et sa naissance dans le désir d’un moineau pour l’envol, tout en chacun s’anime

c’est là : dans le bougé des sèves, poussée organiste, ligneuse impatience –infléchie d’un soubresaut - dans le bougé des lèvres gonflées et si tendues dans le vouloir te dire

c’est là : l’à peine relié au trop, le fleuve ancré dans le filé du ciel, bougé d’un regard perdu de cible éperdu et perdant, le regard qu’on ne peut, le regard entier, et si osé le regard qui nous cloue nu et pantelant





une bête crue, féroce

mangée dedans sa chair

d’un désir miraculeux

d’une soif épuisée

et de morts petites

gémellaires gémissantes





dans l’oscillation simplement hachées leurs à-coups dégradés, tu leur viens

l’oscillation simplement reliées, déliées puis croisées, grand chassé, je leur viens

oscillation simplement sous les runes écorcés terribles car sans la peau offerte

sans la peau baisée d’ambre et de tiédeur d’été, nous leur revenons, enfin, nous redevenons leurs



crudité de l’offrande

qu’un ange seul,

un ange transgresseur de vide

un ange sans plus d’aile que leur mouvement

à corps ouvert un ange s’y rogne

crûment

Commentaires

Bonjour Florence, je voulais te déposer mes voeux de douceur et mon message d'espoir pour cette année 2010, sous ce texte et cette photo si forts et empreints de leur espoir d'une vitalité sauvage et résistante, bouillonnante de sève de vie, chevillé à ces mouvements de branches et de mots qui parviennent à décocher dans nos esprits le frisson d'un serrement de coeur.
Ces Mots, enracinés dans le mouvement des branches d'acacia et dans la réplique implacable de la secousse du vent, en épousent la violente séduction fragile, dans un tourbillon et une profondeur venus d'ailleurs.
J'en ressens un étonnement ébloui rempli de la conviction d'une sérénité reconnaissante. Ces mots me touchent silencieusement et ils accompagnent magnétiquement le trouble suscité par la beauté des photos d'acacia.
Toute cette série de mouvements brassés par le vent de la poésie est un enchantement. Je suis conquise. Merci à tous deux.
BONNE ET BELLE ANNEE 2010 dans la lumière de la poésie qui inspire et guide nos pas.

Écrit par : Danièle Colin | 01/01/2010

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