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23/09/2009

douze carrés blancs



a plein vent
en arrière des ombres ou projetées au-delà
ces cabanes, peut-être
douze carrés blancs,
des cellules sans gangue, sans habillage
justifiant une montagne
son chemin de roc et d'aplat
qu'ils durent escalader pour s'amenuiser
se rendre là
huttes de pisé blanc
huttes d'or revenu d'une latence
pour la contemplation avide
simples pièces chacune dans la quadrature d'un mur
pour des hommes couchant avec le désir
comme seul ameublement

*

ce n'est pas le silence
ce roulement du puits
qui décoche son grincement
ni cette porte
qui martèle l'instant
aux gonds soufflés d'allant en retrait
son battant décharné
les échardes hérissant le bois
usé
précieux donc
le bois d’un temps
de luthier

*
ce n'est pas le silence
ni cette psalmodie
a la limite fine d'un bourdon
ni ses harmoniques surgies malgré
l'absence de langue
ou sa scellée
d'un vœu de mutisme
qu'une bouche fit


*

et est-ce le silence
cette craquelure de peaux
l'assèchement du vide,
désœuvrement du dire
entre les deux pleines
margelles de la parole
émiettée au soleil de sable
qui tombe dru
chasseur de heurts, de palabres
de fracas
assourdissant désert
qui suivi le déglutissement

*

Le visage du temps qui passe - Face of time
triant son indigo,
du clair beige
lessive assurée dans le coton des nuages
très haut filant
le ciel

il n'est pas de silence si haut qu'on
y aspire
ce n'est pas un bruissement
juste son dessin de volutes
sur toile bleu
âme

*

et si ce n’est le silence
cette rapure de pierre que révèle
leur sandale cuir de grisaille
sa béance sur un pied
presque nu
car presque guéri
d’avoir fui
d’avoir renié
d’avoir chu
trois fois sous la branche de son arbre
fui
trois fois sous la flagelle de son corps
renié
trois fois sous la faîtière de son Nom
chu
si ce n’est le silence
alors

*

alors qu’est-ce ?
ici ou sur Thabor
face à Face
ce rugissement des eaux
retirées
qu’est-ce ?
cette empreinte d’un cri
dans leur poitrine
ancrée
qu’est-ce ?
mais je vois l’un d’eux qui sonne
sonne la cloche
et la lumière de l’aube
enfin est soutirée
de la ténèbre
enfin

*

sans battant
la cloche sonne
ce n’est pas un silence non
c’est plus dense
leurs mains se rapprochent
et solitaire chacun
allume une prière
dans un craquement de paumes


*

(...)

[texte en cours d'élaboration - sur des souvenirs prégant d'un reportage sur des cénobites vivants sur une montagne brulée de soleil, des vies spirituelles individuelles mais proches]

23:47 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : montagne, cénobites, prières, silence |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Juste beau- silence à décocher beaucoup d'une émotion rare.

Écrit par : corinne | 26/09/2009

Merci de cette lecture attentive corinne....

Écrit par : florence | 28/09/2009

Les commentaires sont fermés.