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29/10/2008

Il existe un alphabet du silence

Ce texte de Roberto Juarroz, dans le recueil "Poésie verticale" traduit de l'espagnol par Roger Meunier, rencontre tout-à-fait mon expérience de la poésie. Le mot, l'énonciation du mot, de ses sons, la verbalisation articulée des mots, littéraires, autres, les animent, les rendent souffle, vie. Il s'agit ici d'un transfert du "Le Verbe s'est fait chair" à notre petite échelle dans l'exercice de la poésie, qui pour certain est un exercice de manifestation. Ecrire ne se fait pas sans lire, ne se fait pas sans énoncer, sans mesurer, de ses propres silences, le pas entre deux mots.

Ce texte de Juarroz, je devrais l'apprendre par coeur tellement il rencontre et éclaircit mon propre rapport à la texture de chair d'un texte énoncé, par son bas relief, quelques fois, le silence. Le silence aussi est chair. Le silence aussi est texture d'homme. Plus sincèrement même. Il n'y a pas de diction du silence. C'est la respiration même, elle vient du vif en nous.

 Dire un texte, l'animer, c'est le rendre à la vie qui la fait naître.

184

 

Le silence qui subsiste entre deux mots

n'est pas silence qui entoure une tête qui tombe,

ni celui qui nimbe la présence de l'arbre

quand s'éteint l'incendie vespéral du vent.

 

De même chaque voix a un timbre et une hauteur,

chaque silence a un registre et une profondeur.

Le silence d'un homme est différent de celui d'un autre

et ce n'est pas la même chose de taire un nom et de taire un autre nom.

 

Il existe un alphabet du silence,

mais on ne nous a pas appris à l'épeler.

La lecture du silence est néanmoins la seule durable,

plus peut-être que le lecteur. (VI, 27)

 

 

Un silence entre deux mots d'arbres :

 

 

serenity - Sérénité

 

*

 

Une réflexion mienne ancienne sur ce silence qui habite nos écrits comme une signature intime.

Extrait de "Bruissements. Le tourbier" dans "Si peu de choses"

Tu as bruni des feuilles vieilles
aux textures ravagées de silences
Tu aimes ce mot aux atours de respect:

Silence

Et pourtant, sa réalité te pèse,
et tu le prononces
non pour l'accueillir
mais pour le nier

 

10:22 Publié dans Dis-moi ce que tu lis... | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : roberto juarroz, arbres, silence, verbe, chair |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

chuuuuuuuuuuuut .

Écrit par : Tritonear | 29/10/2008

é
m
o
t
i
o
n

Écrit par : adeline | 11/11/2008

Meric Adeline :-))

Écrit par : flo | 11/11/2008

silence...

il y eût une période ou chacun de mes textes contenait ce mot... tellement chargé de poésie à mon sens...

silence...espace...page blanche...

Écrit par : elvys | 11/11/2008

Les commentaires sont fermés.