Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/04/2008

Le chêne pansant

Hier, traversant un parc bruxellois surprenant (le Parc léopold, http://www.paluche.org/nature/fr/tou424.htm aux pieds du "Caprice des Dieux" autrement nommé parlement Européen), je vois soudain un homme mûr s'approcher d'un arbre et poser ses deux paumes à hauteur de tête sur un noeud de l'écorce de ce tronc énorme. Tronc dont seuls trois hommes se donnant les mains pourraient embrasser.

 

 

ml-mai2003-parc.jpg

J'aime les arbres, j'aime le dialogue que nous promet l'écorce, pour autant qu'on s'y arrête, qu'on l'écoute tactilement. Il y a là un secret effleuré, un mystère aussi, certainement. J'aime les légendes d'arbres, leurs symboliques qui parlent de nos pieds et de la résurrection par la terre et la tête, les racines et les cimes. J'ai écris notamment un texte qui s'appelle "d'écorce" et un autre "Arcade des bouleaux"  sur cette sensation si verticalement vitale que transporte la sève et si fraternellement réconciliante que communiquent ces rides de bois.

 

J'aime les histoires d'arbres, la fable du Chêne et du roseau revu par Francis Blanche ( qui dépasse de loin la morale flexible de la Fontaine), le gâteau de réconciliation mangé au pied d'un arbre en pleine nuit par les femmes vivantes et décédées d'une même famille dans "Tobie des marais" de Sylvie Germain (un livre au symbolisme fondateur de merveilles http://www.cathjack.ch/auteurscoupdecoeur/auteursylviegermain.htm ) ou l'histoire libanaise des trois arbres réécrite par Gabriel Ringlet (parlant des trois vies de l'arbre et initiant à une spiritualité irriguée http://www.mollat.com/livres/gabriel-ringlet-daniella-les-arbres-9782712209445.aspx ). Je suis souvent happée par le souvenir vivant de la lecture de Christian Charrière et de sa forêt d'Iscambe (http://www.cafardcosmique.com/La-Foret-d-Iscambe-de-Christian  ou http://www.yozone.fr/spip.php?article3841 )  et particulièrement de l'arbre-mère et son horrible mari où aboutit l'histoire qui devient mythe élucidant l'invention de la douleur des enfants rameaux (les clapattes plaintifs mi-humains, mi-végétaux) qui gémissent dans les étendues redevenues sauvages couvrant toute la France.

 

Quand je me décille, ( ou que j'adopte le "Cil du Loup" de Clarissa Pinkola Estès, dans Femmes qui courent avec les loups http://archipelrouge.blogspot.com/2008/03/le-cil-du-loup-clarissa-pinkola-estes.html  ), que je regarde au-delà de la station raisonnée que la société m'impose, je sais, plus que savoir, je "vois" combien les arbres et leurs confrères végétaux ont à nous apprendre, et je recule tant et tant la rencontre, la vraie rencontre qui dépasse de loin la paume fraternelle posée sur l'écorce parlante – langue braille universelle pour aveugle que nous sommes devenus – mais celle qui considérera le temps, qui considérera la mise à nu de notre corps et de notre psyché dans cette étreinte de mille ans avec le chêne. Je tombe miraculeusement sur l'extrait suivant, parmi une série de synchronicités qui fait maintenant mon quotidien, depuis que j'ai accepté de laisser vivre le flux créateur qui bout en moi, quelle qu'en soit l'issue objective, mais "à qualité d'"évolution pour ma subjective identité. Extrait qui rejoint ma lecture de cette nuit sur les sept phases d'un conte fondateur, La jeune fille sans mains, et sur la mise au monde, symbolique, l'accouchement de soi, et l'acceptation de la femme créatrice qui vit dans la Femme Sauvage.

 

"On a l’impression que Socrate s’est déjà propulsé dans notre monde actuel. (…) Il nous renvoie à ces gens qui écoutaient la voix d’un chêne, pour entendre les premières prophéties. Nous pensons qu’il s’agit d’une attitude grotesque. Il nous dit pourtant qu’ils sont davantage dans le vrai que les compétents d’aujourd’hui. Le chêne par sa taille et ses racines jouait avec le symbolique (c’est nous qui interprétons). Il constituait un objet intermédiaire qui renvoyait au savoir de l’origine. Le danger de notre époque pourrait être le renoncement à la démarche symbolique, dont la mission est de conduire le sujet vers lui-même, en le faisant accéder à une parole qu’il n’invente pas mais qui lui est donnée, à travers la voix du chêne, dont la mission est de nous livrer le logos de l’origine et de la prophétie. "

« Nous devons, dit Socrate, dans La République, nous faire dès lors à l’opinion que voici : la culture n’est point ce que certains, qui font profession de la donner, disent qu’elle est. Ils prétendent, si je ne me trompe, que dans une âme au-dedans de laquelle n’est pas le savoir, eux, ils l’y déposent, comme si en des yeux aveugles ils déposaient la vision. » Il faut passer par une conversion des yeux de l’intelligence « jusqu’au moment où elle sera enfin capable, dirigée vers le réel, de soutenir la contemplation de ce qu’il y a, dans le réel, de plus lumineux ».
Cfr le très intéressant Blog d'Etienne Duval

Commentaires

Ce que j'aime, moi, lorsque comme tu le fais j'essaie d'écouter les arbres, c'est me rendre compte à quel point ils sont différents, et susceptibles d'émettre des vibrations différentes de nous, un peu comme des extra terrestres. C'est cela qui me fascine, comme si ça apprenait un peu à penser autrement, et dans un temps différent (qui s'écoule plus longuement)

Écrit par : isa | 08/04/2008

Marie-Louve? mais quand?

Écrit par : isa | 08/04/2008

Flo, je t'ai lue avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. Ce que tu dis est fondateur, remuant, vivant, et ça me plaît. J'ai aussi un très bon rapport avec les arbres, je me sens envers eux en état de remerciement, de reconnaissance, sans trop savoir dire pourquoi, c'est une sorte d'instinct qui me porte à les aimer. J'ai lu aussi "Ces femmes qui courent avec les loups" de C. Pinkola Estès, c'est remarquable et d'une sacré présence !
La petite fille de la photo est adorable.
C'est vrai ce que tu dis Isa, les arbres ont leur langage, pour ma part, je les ressens un peu comme des "grands-parents" ! c'est une image surprenante mais qui correspondrait à ce "temps différent" dont tu parles.

Écrit par : Ile | 08/04/2008

Merci de vos commentaires les filles, ça fait du bien aussi.

Pour la suite de mon récit long sans titre, qui s'amplifie ( il y a déjà un chapitre en plus) je ne posterai plus que des extraits choisis. Si ça vous intéresse.

je dis cela car le post sur les arbres est évidemment lié à mon rapport à l'écriture de ce récit.

La petite fille est Marie-Louve, ma fille, lorsqu'elle avait 1 an et demi. elle en a presque 5 de plus !:-)

Oui, je comprends ce que tu veux dire ISa, sur cette vibration différente, et je crois qu'en tant que musicienne, tu y est particulièrement sensible. Pour ma part, je participerais presque sans les mains à ce mouvement d'ascension qui va des racines à la cime et au-delà... de ce langage là des arbres, qui est réel ( tu coupes une faitière d'un arbre fruitier, il va en créer une autre, rapidement, qui va flécher vers le ciel, comme s'il ne pouvait vivre sans cet axe direct avec le ciel)


Moi, j'ai une envie d'enlacement, de fusion... c'ets peut-être pour cela que la scèhne de l'arbre-mère dans le livre "la forêt d'Iscambe" m'a tellement marquée.

(ps : les filles, je ne sais trop si c'est important, mais l'auberge de ragueneau est peu utilisé, et le système a failli me supprimer le site, si Patrick n'était intervenu pour m'en informer... J'y vais peu, car on y poste peu, à voir si c'est dommage ou non)

Écrit par : flo | 09/04/2008

J'ai repensé ce matin à des livres initiatiques lus durant ma vie et "Mon bel oranger" en fait partie. Avez-vous lu ce livre "pour enfant" d'un rapport entre un petit garçon, son oranger confident et un homme jeune qui lui apporte l'amour qui fait défaut dans sa famille?

Écrit par : flo | 09/04/2008

Oui, j'ai lu "Mon bel oranger", et je l'avais d'ailleurs travaillé avec mes élèves de 6ème.

'étais aussi passée hier sur "L'auberge" et avait vu que ça paraissait fermé. Peut-être devrait-il y avoir moins de rubriques de façon à rassembler davantage les gens de passage sur une ou deux pistes ce qui inciterait peut-être davantage à y écrire ?

"L'envie d'enlacement, de fusion"... je connais ça par coeur !!! ça joue parfois des tours, mais si on y croit dans le sens de l'amour et non celui de la dévorance, cela donne une sacrée ouverture sur la conscience d'un plus à vivre dans nos vies de tous les jours où l'on cherche sans cesse à nous formater loin de tout ça !

Oui, pour ma part je lirais très volontiers tes extraits relatifs à ce récit.

Belle et bonne journée Flo.

Écrit par : Ile | 09/04/2008

Ah il me semblait bien reconnaître Marie-Louve d'il y a longtemps, tu avais posté sur poésie de francophonie une image un peu semblable qui s'appelait "des racines et des ailes", tu te souviens?
Il faut que je prenne le temps de lire ton dernier extrait, je suis émue par l'apparition du cerf... en dehors des émotions HarryPottesques :-), ça m'évoque aussi des événements mystérieux de jadis dans la forêt de Rambouillet, et aussi l'Ecosse en plein hiver.

Pour mes récits et livres initiatiques, de ceux que je relis toujours et toujours, j'en ai plusieurs : Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, Pride and Prejudice et Mansfield Park de Jane Austen, le Voyage à Ixtlan de Carlos Castaneda, la Face des Eaux de Silverberg, Ma soeur en noir et blanc de Steph, Les lettres africaines de Karen Blixen, Silas Marner de George Eliot... voyons il doit y en avoir d'autres, je vais chercher

bises à toutes les deux !

Écrit par : isa | 12/04/2008

Hum désoléééée, j'ai commencé ma liste de livres initiatiques sans voir que tu ne la demandais pas. Rha.

Écrit par : isa | 12/04/2008

pas de quoi, au contraire, continue, cela m'intéresse. En fait je l'avais demandée, je l'ai juste pensé très fort et tu l'as entendu!

Ah! marrant la référence à harry potter, je n'y avais pas pensé en l'écrivant.

As-tu lu "Les roi des aulnes" (encore un récit initiant) il y a toute une partie qui se passe dans une sorte de domaine forestier avec des cerfs (et le héros brâme tous les matins)...

Écrit par : flo | 12/04/2008

Oui, flo, j'ai lu le Roi des Aulnes, il y a longtemps, fascinant !!!! oui, ça a été un livre initiatique, mais bizarrement ça ne l'est pas resté, probablement de par ma propension intérieure à rechercher la sécurité et l'aide à un livre, ce que celui-là ne me donnait pas (à moi, en tout cas). Il est très déstabilisant...

Dans ma fantasmagorie personnelle, en effet, le cerf ou le chevreuil représentent la douceur et la paix (dans la médecine amérindienne aussi, je crois) et ceux-là étaient plutôt inquiétant, selon mon souvenir en tout cas (je l'ai lu il y a une bonne trentaine d'années)

Écrit par : isa | 13/04/2008

non, je ne pense pas qu'ils étaient inquiétants, c'est plutôt le regard posé sur eux par le héros et ce domaine d'un dignitaire nazi qui les chassait qui était étrange et troublant.

Intéressant ce que tu dis de ton rapport aux livres !

Écrit par : flo | 13/04/2008

Mon rapport aux livres est mon rapport à à peu près tout, je cherche avant tout la sécurité, la confiance, la fiabilité. Surtout en période post-années difficiles. La moindre menace à la confiance ou à la sécurité intérieure, la mienne ou celle des proches, déclenche automatiquement des mesures extrêmes de protection. Vraiment peu de livres ou de gens y échappent :-)

Écrit par : isa | 14/04/2008

En cela nous divergeons. je cherche aussi la confiance et la fiabilité dans les relations, et de plus en plus avec le temps.

Mais les livres, j'aime qu'ils me perturbent, qu'ils me fassent entrevoir d'autres choses, qu'ils me bousculent, qu'ils me transforment en voyante, qu'ils me choquent parfois, qu'ils instillent une incertitude, qu'ils me déstabilisent, puis parfois qu'ils me fassent évoluer, qu'ils m'initient par la traverse d'ombres ou de territoires réputés dangereux.

C'est la liberté la plus totale, la justification même pour moi de la littérature comme art majeur.

Écrit par : flo | 14/04/2008

Oui, je comprends très bien, et ton attitude est certainement plus normale, et riche. Mais je pense que, prise dans le feu de la conversation, j'ai trouvé un point important pour moi (merci :-) ). Tiens, par exemple, un des points les plus obligatoirement sécurisants pour moi dans un livre, c'est la fin. Il peut y avoir tous les bouleversements possibles, toutes les ouvertures, toutes les prises sur l'imagination, mais si ces choses ne se "résolvent" pas à la fin, vers le positif, j'ai beaucoup de mal, et cela a tendance à détruire ce que le livre m'avait apporté (et j'ai des cauchemars etc.). Deux instances de ça : la tour sombre de Stephen King, et... Harry Potter.Pour ces deux cycles, la fin m'a parue ratée, artificielle (Rowling), trop sombre, trop perturbante (King). Et ça m'a fait un gros choc, à une époque où j'avais pas besoin de ça.
Et entre parenthèses, je crois qu'il faut être vraiment très fort pour finir ce genre d'entreprise géante.
Hum, je me demande si je ne vais pas être abonnée aux contes de fée jusqu'à la fin de ma vie....

Écrit par : isa | 14/04/2008

J'ignorais que Stephen King avait terminé le cycle de la Tour Sombre.... J'avais lu deux ou trois tomes, je ne sais plus bien , cela fait aussi partie de mes récits initiatiques.

Quant au dernier Harry, je ne demande pas mieux d'en discuter aussi, ton avis m'intéresse. Je me suis sentie déçue surtout par l'épilogue et par sa tendance exagérée ensuite à livrer dans des interviews le futur de ses personnages, castrant l'imagination de ses lecteurs qui auraient pu faire vivre en eux la suite.


Pour les fins positives, je suis d'accord avec toi, même s'il y a de nombreuses nuances à cette conception. Positif ne veut pas nécessairement dire sans victime, mais que tout acte final soit transcendé vers une conception de résolution des quêtes, de rédemption des souffrances ou de réconciliation intérieure. (c'est un vocabulaire très spirituel, mais c'est vrai que souvent, qu'on le veuille ou non, ça en revient à cela)

Écrit par : flo | 15/04/2008

J'ai du mal à parler du dernier Harry Potter, tellement je me sens en colère et frustrée, que tant de merveilleuses choses, de merveilleux livres aient pu être gâchés à ce point, surtout après le sixième volume, que je trouvais fantastiquement intéressant. Mais non, il a fallu que madame devienne l'une des grandes fortunes du monde... et que son histoire l'ennuie, car c'est cela que je ressens, qu'elle termine vite et mal (tout en ayant, bien sûr, son extraordinaire virtuosité d'écriture) parce que l'histoire ne vit plus. Et comment s'en étonner? comment s'étonner que les tonnes et millions de bavardages autour de Harry, les films, les produits dérivés à la con, les multiples pressions que la multinationale Harry Potter a du subir, aient subtilement modifié la vie de l'histoire en elle?
Je suis dégoûtée et furieuse, jamais je n'avais ressenti à ce point la responsabilité de l'auteur envers ses personnages.
Le cas de King est, je trouve, un peu différent, même si j'ai l'impression que là aussi la publicité trop grande a mis la pression sur l'auteur.
Dans la Tour Sombre, j'ai une impression autre. Je n'ai pas l'impression, par exemple, comme pour Rowling, que Stephen King a négligé sa fin, rapidement, pour s'en débarrasser. La fin de la Tour Sombre est cohérente avec le cycle, et avec Stephen King, et son grand talent. Simplement deux choses pour moi : d'une part, cette fin est TRES déstabilisante et décourageante, ce qui fait que je ne la supporte pas, mais à mon avis c'est seulement du à moi. Et la deuxième chose, c'est que je pense qu'il manquait à Stephen King un soupçon de talent et de grandeur pour remplir son objectif. A mon avis, cet objectif était un peu trop ambitieux. King n'est pas Tolkien.
Quels tomes as-tu lus? Moi j'ai pris en route, le 5ème, fin 2005, puis je suis allée vers la fin et j'ai lu les premiers tomes plus tard. Il faut dire que le cycle n'était pas terminé, d'ailleurs, en 2005.Ce cinquième volume, variation sur le thème des sept samouraïs, est une véritable merveille.

Pour les fins en général, je suis d'accord sur ta distinction : une fin positive n'est pas forcément une fin où tout est bien, et des transformations ont eu lieu forcément. J'ajoute que je suis très consciente d'avoir un désir quasi pathologique pour une fin sécurisante, que je ne trouve pas que cela soit normal, que je l'explique seulement par mon état actuel de convalescence.

Écrit par : isa | 15/04/2008

Pour King, je n'ai lu que les trois premiers tomes, en fait et je remarque que le premier tome a été revu en 2003... il me faudra le racheter, si je veux tout relire.

Je suis tout de même tentée, tellement King arrive là à être un auteur qui ose raconter des contes, sans peur de l'invraissemblable, simplement parce que cela participe à quelque chose de plus ancien et de plus archétypal en nous.

*

Pour rowling, je n'ai pas resseni cette "trahison" même s'il y eut quelques frustrations. En fait, j'aime assez ce dernier tome, pour son rythme (en anglais) que j'ai préféré à celui de quelques tomes directement précédents. Etrangement, je n'arrive pas à le lire en français et n'y trouve aucun goût. Il doit être mal traduit...

J'ai trouvé assez subtile la "pseudo-mort" de Harry. J'ai aimé que Dumbledore soit révisé dans sa stature de figure parfaite, parce que les figures parfaites ça n'existe pas. j'ai aimé aussi que la puissance de son intelligence et de ses principes triomphent tout de même.

J'ai trouvé surtout la scène du duel final très confuse sur le sens. j'ai pas tout compris sur ce qui est du leurre et ce qui relève de révélations.

Il y a beaucoup de morts, certains attachants, mais finalement, pas les pires ( le trio sacré n'y passe pas)

J'avais deviné pour Rogue, sans avoir les raisons complètes et je n'ai pas aimé le chapitre où elle décrit ses raisons, car il est bien trop long, explicatif, etc... lourd, un peu de subtilité et de mystère aurait été souhaitable.

L'épilogue m'a déçue.

Explique-moi en quelques mots ce qui t'a le plus semblé une trahison? D'où vient ta frustration? Ca m'intéresse d'autant plus que j'ai suivi les sorties de ces livres avec l'impatience d'une vraie fan...

Écrit par : flo | 15/04/2008

Difficile de dire en détail, il y avait une attente très grande, et il y a eu une grande déception: il me semble que la "responsabilité" envers les personnages n'était pas assumée, beaucoup étaient délaissés alors qu'ils avaient été développés avant. Le style m'a paru artificiel (je les ai tous lus en anglais) et froid. L'évolution de Dumbledore ne me gêne pas. Le futur d'Harry beaucoup, moi aussi. L'épilogue m'agace.
Le seul passage que j'aime beaucoup est le séjour dans les bois, absolument glauque et sinistre, qui lui me paraît très "vrai", par contre,contrairement au reste.
En fait, tant que les livres me paraissaient sublimes, je me fichais complètement de l'environnement Coca-Cola. Mais là j'ai pensé que ça avait fini par souiller tout, et ça m'a énervée.
Car un immense et magnifique univers, rare, que je partageais avec de rares proches, a été détruit. C'est pour ça que je parlais de responsabilité. Peut-on écrire un magnifique univers qui parle de condition humaine en étant dans un environnement tel, et étant devenue brusquement l'une des premières fortunes d'Angleterre? J'en doute. La célébrité et la fortune doivent sûrement salir pas mal, et il faudrait être beaucoup plus fort pour résister.

Écrit par : isa | 16/04/2008

Oui, je suis d'accord sur le passage dans els bois. Pourtant, beaucoup de jeunes lecteurs ont trouvé ce passage long, mais, à mon sens, c'est le coeur du livre, avec le rapport du trio explicité, la longueur, le désespoir, la faim, les nouvelles de la radio, puis les deux expéditions dangereuses à Godrick Hollow et chez les Malefoy...

Moins d'humour ( d'ailleurs la mort d'un des jumeaux est symbolique de ce ton "on arrête de rire").

Mais j'ai aimé aussi la marche finale vers la forêt la scène "hors du temps et de l'espace".

Je ne peux aussi m'empêcher de rester admirative du scénario. En fait, ce septième tome aurait du en faire deux, pour étaler l'intrigue ici trop dense en trop peu de pages, et rendre aux personnages leur épaisseur.

Mais j'avoue que le septième m'a donné envie de relire le premeir ce que j'ai fait ( pour retrouver la magie libératrice du premier tome)

Écrit par : flo | 16/04/2008

Tant mieux alors, si ça n'a pas été une déception pour tout le monde (d'autres personnes que moi ont cependant éprouvé à peu près la même chose que ce que je dis, je ne le prends pas du tout comme argument, juste pour dire que je ne suis pas la seule). La mienne, de déception, est si aigüe que je ne peux plus du tout lire Harry Potter, aucun des livres, ils ont carrément été pulvérisés dans mon esprit. Mais ce que tu me dis me fait un peu relativiser, il est probable que j'ai tout simplement fait table rase, comme je l'ai fait d'énormément de choses et de gens liés à mes dernières sept années (sans le "vouloir" réellement, ils ont tout simplement disparu). La déception étant peut-être un prétexte.

Écrit par : isa | 16/04/2008

Oui, c'est vrai, je relativise. Sans doute parce que pour moi ce dernier tome n'enlève rien au génie général, ni à chaque tomes en particulier (qui ont leur propre quête) et qu'en plus il me semble quasi miraculeux d'arriver ( quelques soient les pressions extérieures d'argent ou autre) de tenir la nongueur dans le génie durant si longtemps. C'est un métier si difficile, et qui demande une réelle solitude face à l'accomplissement de l'oeuvre, aux questionnements et aux doutes, que je peux comprendre la critique face à des échecs partiels. Mais que je ne prends pas cela comme une trahison.

Je crois que la pression des fans, des lecteurs, je veux dire ( pas des spectateurs) a été très difficile à vivre.

la faute, pour moi, c'est d'avoir autorisé les films qui ne sont jamais à la hauteur des livres.

Écrit par : flo | 16/04/2008

Les commentaires sont fermés.