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14/03/2008

la gazelle et la louve

Bientôt le 25 mars, jour d'annonciation. On m'a dit, récemment, ce qui est logique somme toute pour les esprits bien cartésiens et masculins, que l'annonciation avait lieu 9 mois juste avant Noël. Cela veut dire aussi que l'annonciation est considérée pour beaucoup comme jour de "conception" divine.

C'est un mystère. Sacré comme tous les mystères. 

 Dans la conception, il y en a des multitudes, la conception de chacun d'entre nous. Ainsi, ma fille me demandait si le couple que je forme avec son père n'avait pas été, si elle serait venue au monde par une autre maman ou si elle n'aurait pas existé . Question à laquelle nous avons tous tendance à répondre par le fait que nous serions venus, de toute façon, notre esprit, notre âme, seraient venus, dans un autre corps peut-être ailleurs ou dans un autre temps, mais ne pouvaient pas ne pas exister.... pourtant, rien n'est moins sûr. L'enfant prend ainsi conscience de sa fragilité "d'être au monde". Il dépend de l'amour de personnes qui existaient avant lui et dont il n'a eu aucune prise sur leur volonté de s'aimer de créer une nouvelle vie. Il dépend d'un air, d'un souffle, d'un hasard ou d'une rencontre, de presque rien mais ce presque rien a créé un être pleinement vivant qui se revendique comme tel.

Dans la conception de Jésus, il y a plus qu'une multitude de mystères, le nombre qu'elle recèle est lui-même un mystère dans son infinitude.

Et l'une des question, peut-être une question taboue, sans doute, mais qui parce que je suis femme, parce que la joie, parce que l'amour, parce que Jésus dieu incarné, parce que la chair porteuse de l'esprit, et l'esprit imprimé dans la chair, me taraude :

Qu'est ce que Marie a ressenti lors de la conception du Christ ? cette neutralité sobre qui sied si bien à cette idée de la virginité ou de la chasteté? Cette simple exclamation d'une servante disant oui? La lumière de l'ange et le souffle de l'Esprit? Oui, mais qu'est-ce que la "lumière de l'ange" et "le souffle de l'Esprit"? et quel royaume de proximité avec l'amour en la chair a-t-il?

Il y a longtemps déjà, habité par l'intuition d'un mystère de joie pure, j'avais écrit le texte qui suit, et j'en concluerai par là, sinon qu'il faut lire le livre que je suis en train d'explorer, La jeune fille et la Vierge d'Alina Reyès et je dirai en son temps le pourquoi :

 

 

Frappe le grésil tambour des tempes. Ta voix éveille mon songe, puissant Ange du Nord. Profonde gorge d'où suinte le miel d'une fêlure. De tes ailes acérées, tu tranches, délicat, mes raisons de vivre, les oiseaux de champagnes écument mes ivresses d'âme. Ternie ma trop simple fontaine. Sous ta grâce j'expire en phrase si fraîches.

Cueillie en somme, je m'étire. Panthère des fleuves presque inertes. Mes coussinets signent le rugueux de la Terre. Découvrir l'étrange chose, aller caresser les racines des rocs, aux abîmes des volcans gelés.

Plonger dessous les carcasses de glaciers. Se laisser mordre l'écru de la peau par des monstres tectoniques. Des lames avides et froides. Se donner à la portée parfaite d'une vague d'harmonie. Se laisser engloutir dans les couvertures venteuses des monts rêvés. Déglutir la lie du sol, laper la lave des boueuses merveilles, se couvrir du limon des vins doux et brûlants. Sans reprendre son souffle, descendre s'étendre au lit suave du monde.

Des violons rapides aiguisent mes danses animales. Danser, danser. Ne serions-nous qu'une histoire de danse ? Un grand rond félin  d'antre exhumé nidifie en moi. Ecarlate, une source jaillit, au confluent de nos coulées de rages. Une source vivace, légère, une vapeur d'aimer.

Et les grottes résonnant d'anciens carnages, ondoyant d'images de guerre volées aux aigles pourfendeurs, aux vrilles exquises des sens, deviennent béances, clairières apaisantes où viendront demain boire ensemble la gazelle et la louve.

 

annonciation.jpg

 

 

 

23:44 Publié dans droits humains, foi de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

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