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25/01/2008

y a pas le feu...

Plan classique, un restau aux murs sombres, drapés de lourds rideaux lie de vin et vert émeraude, des serveuses en tenues noires, presqu’élégantes, si elles n’étaient vraiment trop sexys pour faire illusion, au sourire sans naturel mais rapides et prévenantes. Une musique tamisée à l’extrême feulant quelques rythmes orientaux, des tableaux d’artistes post modernes qui adulent les couleurs excrémentales ou vomitives en larges aplats à peines irréguliers.

 

 

 

 

Lui, moi, les bougies qui sont plantées dans un bougeoir inamovible et qui m’empêchent de bien distinguer ses yeux. Qui m’obligent à me focaliser sur sa main, inhabituellement nerveuse, froissant la serviette à un rythme compulsif. Des silences qu’on dit amoureux ou nécessaires à savourer, mais qui viennent comme des gouffres entre chaque cuillérée d’attente. Un repas qui fait tout pour se laisser désirer, d’autant que c’est lui qui invite, et que pour une fois on s’est dit qu’on allait en profiter à mort, ma chérie, tu choisis tout ce que tu veux. Puis voila qu’il  ouvre la bouche en levant la main comme pour se décider à m’adresser la parole, la serveuse stoppe sa course d’abeille instantanément, prête à nous butiner, il la regarde mâchoire pendante, œil en vacance. Elle semble attendre une consigne, sourire crispé. « Oui monsieur désire ». Lui, paniqué, « rien, heu, voulez-vous m’ép,  pouvez-vous enlever les bougies ». Elle pincée, riant jaune, son air « manquerait plus que cela » : «  Non Monsieur, ça fait partie du service !! »

 

 

 

Moi pouffant, lui rougissant, moi provocante, seins melonesques sous la robe tendue : «Tu ne dis rien et tu veux en plus ne plus me voir ? » Lui affolé « J’ai pas dit cela. Laissez la lumière, surtout ! ».

 

 

Plus rien, plus de lampe tout s’éteint. La serveuse pousse un cri, trébuche, s’étale. Lui, se relève, fait basculer la table, le feu se répand sur la nappe, gondole sous mes pieds, envahit toute surface à une vitesse insoupçonnable pour un endroit aussi austère, cela doit offusquer les murs, les tableaux et les gens…

 

 

Lui, à bout de tout, de souffle, de voix, de choix, criant : épouse-moi, épouse-moi, épouse-moi….

 

 

Je tourne au coin de la rue et je l’entends encore, encore, encore, et dans mon lit, seule enfin, les draps refroidis n’entendent que son cri « épouse-moi »….

 

Je lui avais pourtant dit que je n’étais pas prête.

21:25 Publié dans Roles et rituels | Lien permanent | Commentaires (2) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

ouh la la génial, flo, génial, je viens de découvrir ta prose, elle est superble, flamboyante.
Il a fallu d'abord que je mette le son à zéro, car moi aussi j'adore Emilie Simon, et pour moi le son passe toujours en premier !!

Écrit par : isa | 26/01/2008

Merci Isa, c'est vrai que ça me change un peu d'écrire ces historiettes. Ca mange aps de pain, mais ça m'amuse assez, je dois dire ;-)

Écrit par : clepsydre | 26/01/2008

Les commentaires sont fermés.