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26/06/2006

Nous sommes ce qui ne rêve

Un instant
nous sommes ce qui ne rêve
entre les agaceries du monde
et le socle narquois de l’éternité
soudain seul les fesses en biais
sur cette marche
et partout la poussière grillée de pluie
gobée aux eaux sauvages et lourdes
enfantement rageur d’été
la poussière cette senteur qui prend le nez de notre enfance
et le ranime de ses après midis joués cassés de gouttes
l’odeur si intime de l’été dénudé
et tout l’effort des poussières tiédies
éventées et qui crient
souverainement
empire du seul sens traversier sous l’averse

medium_splash2.jpg
 


Ce rêve absent comme
un saisissement moite
un rapatriement à l’urgence d’une aubade
du geste d'un humain qui s’ébauche comme pour nous
et finira dans notre seul regard
à l’écorce d’un jour son feu séchés sous l’eau
l’odeur universelle de l’attente à l’orée de la pluie
la fraternelle pluie passante
on peut y aller maintenant il ne pleut presque plus
il fait toujours doux c’est étrange
malgré ce ciel ronde bosse malgré
que


C’est juste que la pluie mouille
et que les cheveux rechignent, pardon
à cet aplatissement sans panache
à cette traversée pressée
dans l’ignorance de la touffeur
à peine fraîchie aumône de drache
concession coupable à l’orage éludé
pour l’appel d’un vif oeil à cet appas de soleil
carré dans le coin droit du tableau noir
ces pavés sous ce déchirement céleste des lumières
pulsant la chaleur du jour
malgré cette pluie qui s’acharne à fourrager ce feu muet des pierres
jusqu’à leurs racines exhalée de nervures
de cédilles de roches de failles infimes
des traces de vieille lentes et de landaus dévalées
toutes ces ombres vitales
emprisonnées dans les poussières grillées

Combien de fois grillées pour chasser de nous le rêve
car dans une vie entière
combien de fois saisis d’une simple pluie
un seul instant
ravis hors de nos rêves ramenés à ça
la pluie,
la goutte rouillant l’engrenage de nos vides intérieurs.

 

Clepsydre -Florence Noël - 2004

la photo : http://beurksinlondon.free.fr/09/22.htm

Commentaires

Je ne sais pas si mon premier commentaire est passé... si oui,désolée de me répéter: j'aime ce texte où la pluie va "pulsant la chaleur du jour"

Écrit par : Colette Muyard | 02/07/2006

grand merci Colette, je suis contente de la seconde partie ( à partir de "on peut y aller maintenant il ne pleut presque plus") mais la première pourrait encore évoluer, elle cherche son chant....

Écrit par : Clepsydre | 03/07/2006

°

"combien de fois saisis d’une simple pluie"
J'aime beaucoup ton texte mêlé à la photo... je découvre cette seconde partie aujourd'hui... superbe...

une petite note peut-être... "malgré que" je crois ne se dit pas... il faudrait vérifier...

Clepsydre je te joins en partage un lien tout en images et créations en cette fin d'été qui mouille déjà et prépare la rentrée :

http://www.cafepress.com/laurencedsm

Avec mon amitié vive et douce

°

Écrit par : lo vive | 18/08/2006

hello Lo!

te lis seulement maintenant !

très beau ton site, je vais en faire la pub...

"Malgré que" se dit, j'ai vérifié, en tout cas, en Belgique, il se dit tout le temps, mais après avoir surfé, je vois qu'en France on trouve cela laid... (mais pas au Quebec)


"malgré que était d'usage courant dans le Français classique (XVIIe siècle). Grevisse (Le Bon Usage, 13 éd., § 1091-1093) estime qu'il était peut-être d'usage populaire, mais que la locution a perdu ce caractère. Il cite d'ailleurs maints exemples tirés des meilleurs auteurs, appuyés parfois par l'imparfait du subjonctif (il ne s'agit donc pas de mettre seulement un « parler populaire » dans la bouche d'un personnage) : chez Maupassant, Barrès (ne fut-il pas de l'Académie ?), Anatole France (qui y fut la caution de gauche, sans doute. Mais c'est un auteur français dont la langue à la fois claire et pure a su se mettre au service de bien des causes justes, dont la dreyfusiste... et qui fut, on l'ignore trop souvent, couronné du prix Nobel de Littérature), Proust, Mauriac, Cocteau).

Hanse, pour sa part (Nouveau Dictionnaire des Difficultés du Français moderne), relève plus simplement que « malgré que, loc. conj., condamné avec obstination par les puristes, est incontestablement correct au sens de bien que et est suivi du subjonctif. »
http://www.langue-fr.net/index/M/malgre-que.htm

je t'embrasse ainsi que tes deux grandes joies

Écrit par : clepsydre | 06/09/2006

Les commentaires sont fermés.