Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/03/2006

[Chants de chevet]


[Chants de chevet]

quels que soient les masques outre-mer
les replis de cernes ou nuées de jouissance
sous les paupières
on datait l’ancienneté des arrivants
à la résurgence de leur accent
au morcellement métronomique
de la texture lustrée de leur voix

c’était à force de conciliabules agiles
de paroles élimées sur tant et tant de visages
ciselées par autant d’yeux
que d’hôtes assis en une vie de tablée
que leur modulation vocale s’était autrefois unifiée,
harmonisée puis
déshormonisé

de femme ou d’homme, plus de nuance
le bonjour, le bonsoir, le merci après vous
le couci et couça
et s’il vous plaît donc autant pour moi
les badinages auto métro tram bus
tout sonnait alors
d’une note égale
subtile
et presque radiophonique

mais arrivé ici
ici,
à l’escale du plus vivre
au seuil du disparaître
à l’endroit du non lieu
les bouffées de paysage les vagues de frondaisons
les effluves de tourbes et forêts brugheliennes
les haleines de larges
rouillaient la gorge
avant que la soif

extripaient le flamboyant
des ventres
les lumières ouvragées
les couleurs à gogo, les kaléïdoscopes sonores
(chants de chevet, de nuit, à déjeuner,
de travail,
d’honneur, d’hôte ou d’orientation)
et les blés fracassés de soleil, les mémoires de cloche-pieds
et marelles
les sentiments excavés et comblés
et tous les rêves
et tous
les
rêves
et
tous

à tresser à gémir à maudire
à aimer
enfin nuement aimer
enfin
tant et tant
et tant encore que l’on éclatait enfin
la bogue molle où sommeillaient nos langues

et prononcions l’alphabet unique
de nos cendres.

Extrait des “fantômes de l’infini peu” (il faudra qu'un jour je vous mette els autres textes du recueil)



Clepsydre

Clepsydre

13:47 Publié dans Nulla dies sine linea. | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Les commentaires sont fermés.