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01/03/2006

Descente aux ombres

L'exorcisme, réaction en force, en attaque de bélier, est le véritable poème du prisonnier. (...)  Cette montée verticale et explosive est un des grands moments de l'existence. On ne saurait assez en conseiller l'exercice à ceux qui vivent malgré eux en dépendance malheureuse. Mais la mise en marche du moteur est difficile, le presque désespoir seul y arrive.
Henri Michaux


- Descente aux ombres -


Il faut descendre aux ombres
jusqu’à leur moléculaire inexistence
s’y rassembler de neuf
de ciré, de reluisant
il faut crucifier l’échappée
le chemin clair des filles de mars
leur innocence clouée de grêles
et giboulée
s’enterrer tiède
puis ensevelir chaque pas semé
dans la méticuleuse obsession des vers
pardonner l’écart subtilisant le souffle
sous nos chaussures

Il faut pénétrer nu entier
connaître de la terre l’âcre
le granuleux à même la langue
persévérer
jusqu’aux racines des chevelures
aux cimes des âmes
s’embourber
tuer le cri dans l’antre sourd

Il faut dès lors oublier l’oubli
oublier l’espoir de l’ailleurs
être la quintessence du trou
du vide du manque du désespoir
et même chanter par pulsation humide
des veines garrottées
hanter jusqu’à plus soif
l’univers de l’atroce
greffé en nous
par tout cet amour étrillé

oh mère des mères

là, je suis sûre, là
oui
la raison de vivre se hurlera
irréfutable
et sans appel


Clepsydre

11:45 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, littérature, survenir soif, michaux |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

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