Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/01/2006

Chant de l'intime vie d'Emily Dickinson

J'ai découvert un site qui reprend les poésies complètes d'Emily Dickinson en anglais (http://www.bartleby.com/113/) Ca m'a donné envie de piocher l'un ou l'autre texte et de les traduire comme je pouvais (Life, 1924). J'y découvre un chant de l'intime d'une âme inquiète et délicate. Ca donne envie d'aller davantage encore à sa rencontre. Qu'on soit indulgent pour le résultat et signalez-moi tout contre-sens, que je corrige.

 

 

 

PAIN has an element of blank; 

It cannot recollect

when it began, or if there were

A day when it was not. 

  

It has no future but itself,     

Its infinite realms contain 

Its past, enlightened to perceive 

New periods of pain

 
La DOULEUR a une part de vide
On ne peut se souvenir
Quand elle a commencé, ou s'il y avait
un jour où elle n'était pas.
 
Elle n'a aucun avenir sinon elle-même
ses royaumes infinis contiennent son passé,
éclairé pour percevoir
de nouvelles périodes de douleur
 
 

-

 

THE HEART asks pleasure first, 

And then, excuse from pain; 

And then, those little anodynes 

That deaden suffering; 

  

And then, to go to sleep;

And then, if it should be 

The will of its Inquisitor, 

The liberty to die.

 

Le COEUR demande le plaisir d’abord

Puis une excuse pour la douleur

Puis ces petits riens

Qui amortissent la souffrance

 

Puis, demande d’aller dormir,

Puis, si son Inquisiteur

Y consent

La liberté de mourir

 

*

 

THE SOUL unto itself 

Is an imperial friend,— 

Or the most agonizing spy 

An enemy could send. 

  

Secure against its own,

No treason it can fear; 

Itself its sovereign, of itself 

The soul should stand in awe.

 
L'ÂME à elle-même
est une amie impériale, -
ou l'espion le plus atroce
qu’un ennemi pourrait envoyer.
 
A l’abri d’elle-même,
aucune trahison à craindre,
Etant son propre souverain, d’elle seule
l'âme devrait se tenir dans la crainte.

*

Mon préféré:

A DOOR just opened on a street— 

  I, lost, was passing by— 

An instant’s width of warmth disclosed, 

  And wealth, and company. 

  

The door as sudden shut, and I,

  I, lost, was passing by,— 

Lost doubly, but by contrast most, 

  Enlightening misery.

 
 
 

Une porte s’est ouverte sur la rue –

Et moi qui passait par là, perdue -

Découvrit l’épaisseur d’un instant

Chaleur, et richesse et compagnie

 

La porte soudain refermée et moi -

Moi, qui passait par là, perdue,

Doublement perdue, tant ce contraste

Mis en lumière ma détresse

Clepsydre

15:05 Publié dans Dis-moi ce que tu lis... | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |

Les commentaires sont fermés.